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Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle

SILO 7 — GUÉRISON, RITUELS & TRANSFORMATION

22 juin 2026 à 12:25:00

Écrire son propre "roman de vie" positif

Nous avons exploré, dans la thématique des concepts, le "roman familial" de Freud — ces récits que l'enfant construit pour s'inventer d'autres origines, souvent plus glorieuses que celles qu'il a reçues. Mais il y a une autre forme de roman — non plus le roman des origines, mais le roman de la vie telle qu'elle peut être vécue maintenant. Le récit qu'on se raconte sur ce qu'on est, ce qu'on mérite, ce qui est possible pour soi. Et ce récit, souvent écrit dans l'enfance à partir des messages familiaux reçus, peut être réécrit. Non pas pour nier ce qui a été — mais pour ne plus en être le seul héritier.

Écrire son propre roman de vie positif est l'un des actes les plus créateurs du travail psychogénéalogique. C'est choisir d'être l'auteur de sa propre histoire plutôt que le personnage d'une histoire écrite par d'autres.

Le récit hérité et ses limites

Chacun de nous porte un récit sur lui-même — une façon de se définir, de se comprendre, de se situer dans le monde. "Je suis quelqu'un qui ne réussit pas vraiment." "Je suis quelqu'un qui souffre en amour." "Je suis quelqu'un qui n'est jamais tout à fait à sa place." Ces récits ne sont pas inventés de toutes pièces — ils ont été construits à partir d'expériences réelles, de messages familiaux, de patterns répétitifs qui semblaient confirmer une certaine vision de soi-même.

Mais ces récits sont partiels. Ils mettent en lumière certains aspects de l'histoire et en laissent d'autres dans l'ombre. Ils reflètent souvent la vision que la famille avait du patient — pas nécessairement la vision la plus juste ni la plus complète. Et ils peuvent être complétés, nuancés, réécrit — à partir d'une perspective plus large, plus bienveillante, plus fidèle à l'ensemble de ce qu'on est.

Les étapes de la réécriture

La réécriture du roman de vie commence par un inventaire — honnête, sans complaisance ni auto-flagellation — de la version actuelle du récit qu'on se raconte. Quels sont les thèmes dominants ? Quelles croyances sur soi-même ce récit contient-il ? D'où viennent ces croyances — qui les a formulées, dans quel contexte ?

Puis vient le travail de complétion : chercher dans sa propre histoire les éléments qui contredisent ou nuancent le récit dominant. Les moments où on a réussi contre toute attente. Les relations où on a su aimer et être aimé, malgré les blessures d'attachement. Les ressources qui se sont révélées dans les épreuves. Ces contre-exemples existent toujours — on les ignore simplement parce que le récit dominant ne leur fait pas de place.

Se donner un avenir dans le récit

Enfin, le roman de vie positif ne s'arrête pas au présent — il se projette vers l'avenir. Quelle version de soi-même veut-on habiter dans les prochaines années ? Pas une version idéalisée et irréelle — mais une version plus libre, plus déployée, plus conforme à ce qu'on est vraiment. Écrire cette version — littéralement, dans un carnet — est un acte de fondation. On ne sait pas si on y parviendra exactement. Mais on a posé une intention. Et les intentions, nourries par le travail, ont une façon de se réaliser.

Mots-clés : roman de vie, psychogénéalogie, récit, identité, réécriture, libération, ressources, avenir, transformation, transgénérationnel

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