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Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle

SILO 5 — TRAVAIL, ARGENT & RÉUSSITE

22 juin 2026 à 12:32:00

Choisir son métier pour soigner l'arbre

Il y a une observation clinique que je fais régulièrement — et qui ne cesse jamais de me frapper par sa précision. Beaucoup de thérapeutes, de médecins, de travailleurs sociaux, d'enseignants, de soignants en tout genre ont choisi leur métier, consciemment ou non, pour réparer quelque chose dans leur propre histoire familiale. Pour donner aux autres ce qu'ils n'ont pas reçu eux-mêmes. Pour mettre des mots là où il n'y en avait pas. Pour guérir, symboliquement, ce qui n'a pas pu l'être dans leur lignée. Et cette motivation inconsciente, quand elle reste non reconnue, peut autant nourrir la vocation que l'épuiser.

C'est l'un des aspects les plus fascinants — et les plus cliniquement importants — du lien entre psychogénéalogie et vie professionnelle : le métier qu'on choisit dit souvent quelque chose de ce qu'on cherche à réparer dans son arbre.

Les métiers de soin et leurs racines transgénérationnelles

Les professions de soin — médecine, infirmerie, psychologie, travail social, kinésithérapie — attirent disproportionnellement des personnes qui ont grandi dans des familles où la maladie, la souffrance ou le manque de soin étaient présents. Un enfant qui a vécu avec un parent malade chronique, qui a appris très tôt à gérer la souffrance de l'autre, qui s'est senti impuissant face à une douleur qu'il ne pouvait pas soulager — cet enfant peut choisir de devenir soignant pour enfin avoir les outils qui lui manquaient. Pour ne plus être impuissant. Pour pouvoir cette fois-ci vraiment aider.

Dans la lignée, il peut y avoir aussi une mort qui aurait pu être évitée — un ancêtre mort faute de soins médicaux adéquats, une maladie non diagnostiquée, un accident dont les séquelles auraient pu être mieux traitées. Le descendant qui devient médecin ou infirmier "répare" symboliquement cette mort — il offre à d'autres ce que son ancêtre n'a pas eu.

Les métiers de parole et de sens

Les métiers qui travaillent avec les mots et le sens — psychologues, psychanalystes, écrivains, journalistes, enseignants, avocats — attirent souvent des personnes issues de familles où la parole était difficile, rare, ou dangereuse. Des familles de secrets, de silences, de non-dits — où mettre des mots sur les choses était interdit ou impossible. Choisir un métier où la parole est l'outil central, c'est souvent tenter de réparer ce silence familial — de faire exister, dans la vie professionnelle, ce qui n'a pas pu exister dans la famille.

La double tranchant de la vocation réparatrice

Quand la vocation professionnelle est principalement au service de la réparation transgénérationnelle, elle a une double nature. Elle est source d'engagement profond et de sens — parce qu'elle touche à quelque chose d'essentiel dans l'histoire du praticien. Mais elle peut aussi devenir un lieu d'épuisement — parce qu'on ne peut jamais vraiment "réparer" son propre arbre à travers ses patients ou ses élèves. Chaque patient qui guérit est une satisfaction — mais ce n'est pas la guérison de sa propre histoire. Et cette confusion, non reconnue, finit par épuiser.

Le travail psychogénéalogique pour les professionnels du soin et de la relation consiste précisément à faire cette distinction : comprendre ce que mon arbre m'a amené à faire ce travail, faire le travail sur mon arbre par d'autres moyens que ma pratique professionnelle, et me libérer progressivement de la nécessité de réparer par procuration pour pouvoir exercer avec une plus grande liberté intérieure.

Mots-clés : vocation, métier de soin, psychogénéalogie, réparation, transmission, motivation inconsciente, soignant, thérapeute, arbre généalogique, burn-out

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