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Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle

SILO 7 — GUÉRISON, RITUELS & TRANSFORMATION

22 juin 2026 à 12:27:00

Comment arrêter de porter le malheur des autres ?

Il y a des gens qui semblent magnétiquement attirés par la souffrance des autres — et qui passent leur vie à en être les porteurs. Qui absorbent les angoisses de leur entourage comme une éponge. Qui rentrent d'une conversation banale épuisés, chargés d'un poids qui n'était pas le leur en arrivant. Qui se retrouvent régulièrement à régler des problèmes qui ne les concernent pas, à soutenir des gens qui ne les soutiennent pas en retour, à se sentir responsables du bonheur de tout le monde sauf du leur. Ces personnes ne choisissent pas ce rôle — elles y ont été formées. Et cette formation a une histoire.

Comment on apprend à porter le malheur des autres

On apprend à porter le malheur des autres dans l'enfance — dans les familles où porter la souffrance de quelqu'un d'autre était la condition pour maintenir le lien, pour être aimé, pour avoir sa place. L'enfant parentifié qui gérait les angoisses de sa mère. L'enfant qui s'effaçait pour ne pas alourdir un parent déjà au bord du gouffre. L'enfant qui captait les tensions familiales et cherchait à les désamorcer avant qu'elles n'explosent. Ces enfants ont développé une sensibilité remarquable aux états émotionnels des autres — et une conviction profonde que leur rôle est de prendre en charge ce que les autres ne peuvent pas porter seuls.

Dans la dimension transgénérationnelle, ce rôle peut avoir une histoire encore plus ancienne. Des lignées entières de "porteurs" — des femmes qui ont sacrifié leur vie pour leur famille, des hommes qui ont tout pris sur eux sans jamais demander de l'aide, des ancêtres dont la force consistait précisément à absorber la souffrance collective. Ces modèles de l'endurance et du sacrifice transmettent à leurs descendants l'idée que c'est ça, être fort — et que demander de l'aide ou ne pas porter le malheur des autres serait une forme de faiblesse ou d'égoïsme.

La différence entre empathie et absorption

Il y a une distinction fondamentale à faire — et à intégrer dans son propre fonctionnement — entre l'empathie et l'absorption. L'empathie, c'est la capacité à percevoir et à comprendre la souffrance de l'autre, à y résonner intérieurement, à être touché par elle. L'absorption, c'est quand cette souffrance traverse toutes les frontières et devient la sienne propre — quand on ne sait plus distinguer ce qui est soi de ce qui est l'autre, quand la douleur de l'autre devient sa propre douleur.

L'empathie est une qualité précieuse. L'absorption est épuisante et, à terme, destructrice. Et on peut développer l'empathie sans l'absorption — mais cela demande de reconstruire des frontières intérieures que l'enfance n'a pas toujours permis de développer.

Des pratiques pour s'alléger

Quelques pratiques concrètes peuvent aider à cesser d'absorber le malheur des autres. Après une conversation difficile, se poser la question : "Est-ce que je ressors de là plus lourd qu'en entrant ? Qu'est-ce que j'ai pris qui n'était pas à moi ?" Et faire intérieurement le geste de reposer — de redonner symboliquement à l'autre ce qui lui appartient. Ce geste simple, répété avec intention, renforce progressivement la frontière entre soi et l'autre. Et il permet, peu à peu, d'être pleinement présent à la souffrance des autres — sans la porter à leur place.

Mots-clés : porter le malheur, empathie, absorption, psychogénéalogie, frontières, parentification, transmission, libération, éponge émotionnelle, transgénérationnel

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