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Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle

SILO 2 — OUTILS PRATIQUES & ENQUÊTE FAMILIALE

22 juin 2026 à 12:36:00

Comment dessiner un génosociogramme ?

Le génosociogramme est l'outil central de la psychogénéalogie. C'est à la fois une carte et un miroir — une représentation visuelle de votre arbre familial qui va bien au-delà du simple tableau généalogique. Là où l'arbre généalogique classique se contente de lister les noms, les dates de naissance et les liens de filiation, le génosociogramme intègre les événements marquants, les ruptures, les maladies, les secrets, les migrations, les deuils — tout ce qui a donné à chaque vie sa couleur particulière et qui a pu se transmettre aux générations suivantes.

Anne Ancelin Schützenberger, qui a développé cet outil dans les années 1970 en s'inspirant du sociogramme de Jacob Levy Moreno, le décrit comme "un arbre généalogique amélioré qui montre les relations importantes et les événements marquants de la famille". C'est une définition exacte mais incomplète — parce que ce qu'on découvre en le dessinant dépasse souvent ce qu'on avait prévu d'y mettre.

Le matériel : ce dont vous avez besoin

Pour commencer, rien de sophistiqué n'est nécessaire. Une grande feuille de papier — A3 minimum, idéalement plusieurs feuilles que vous pouvez assembler — des crayons de couleur, et de la patience. On commence toujours à la main. Les logiciels peuvent venir ensuite, pour mettre au propre, mais la première version se dessine toujours à la main : parce que le geste d'écrire, de relier, d'hésiter, de rayer — tout cela fait partie du travail.

Prévoyez de la place. Un génosociogramme sérieux sur trois générations peut rapidement couvrir une grande surface. Et prévoyez du temps — pas pour tout faire d'un coup, mais pour revenir dessus plusieurs fois, au fil des informations que vous récoltez et des souvenirs qui remontent.

La structure de base : les symboles conventionnels

Le génosociogramme utilise une convention graphique héritée du génogramme médical. Les hommes sont représentés par des carrés, les femmes par des cercles. Les personnes décédées sont marquées d'une croix à l'intérieur du carré ou du cercle. Les couples sont reliés par une ligne horizontale — une ligne simple pour une union, une double ligne pour un mariage, une ligne brisée pour une séparation ou un divorce.

Les enfants descendent de cette ligne horizontale par des traits verticaux. Les enfants biologiques sont reliés directement, les enfants adoptés par un trait en pointillés. Les fausses couches et les mort-nés sont souvent représentés par de petits cercles ou carrés barrés, placés dans l'ordre chronologique avec les autres enfants. Ces petits symboles sont importants — leur absence dans beaucoup d'arbres familiaux est précisément ce que la psychogénéalogie cherche à réparer.

Ce qu'on note autour de chaque personne

C'est là que le génosociogramme se distingue de l'arbre généalogique classique. Autour de chaque carré ou cercle, on note tout ce qu'on sait — et on laisse de la place pour ce qu'on ne sait pas encore. Le prénom (et pourquoi ce prénom a-t-il été choisi ?). Les dates de naissance et de mort. La cause du décès si elle est connue. Le métier. Le lieu de naissance et de vie. Les événements marquants de cette vie — une guerre traversée, une faillite, un exil, une maladie grave, un deuil brutal, un mariage arrangé, une rupture.

On note aussi les informations qu'on n'a pas — les "trous" dans l'arbre. Un ancêtre dont on ne connaît pas le père. Une date de décès inconnue. Un métier mystérieux. Ces lacunes sont des informations en elles-mêmes : elles signalent souvent les zones où quelque chose a été tu, caché, effacé.

Les couleurs : pour différencier et révéler

L'utilisation des couleurs est l'un des outils les plus puissants du génosociogramme. On peut utiliser une couleur par thématique — rouge pour les maladies cardiovasculaires, bleu pour les troubles psychiques, vert pour les ruptures et divorces, orange pour les migrations et exils — ce qui permet de voir d'un coup d'œil les patterns qui traversent les générations.

On peut aussi utiliser les couleurs pour différencier les lignées — une couleur pour la lignée paternelle, une autre pour la maternelle. Ou pour signaler les zones de secret et de non-dit — une couleur particulière pour tout ce qui est incertain, supposé, non confirmé. Ces codes colorés sont personnels — il n'y a pas de standard universel pour les couleurs, contrairement aux symboles de base.

Les événements à ne pas oublier

Un génosociogramme incomplet est toujours plus utile qu'un génosociogramme inexistant. Mais pour qu'il révèle vraiment ce qu'il a à révéler, certains types d'événements méritent une attention particulière. Les morts prématurées — avant 50 ans, avant 40 ans, dans l'enfance. Les suicides, même ceux qui ont été déguisés en accidents. Les maladies graves et chroniques. Les internements psychiatriques. Les emprisonnements. Les deuils d'enfants. Les adoptions — données et reçues. Les faillites et ruines financières. Les migrations forcées et les exils. Les violences — conjugales, sexuelles, de guerre.

Ces événements sont précisément ceux que les familles ont tendance à ne pas noter, à minimiser, à oublier. Et ce sont souvent ceux qui ont le plus d'impact transgénérationnel.

Comment lire le génosociogramme une fois dessiné

Une fois la première version dessinée — même incomplète, même approximative — prenez du recul. Regardez-le comme une carte du territoire. Cherchez les répétitions : est-ce que certains événements se reproduisent à la même génération, au même âge, à la même période de l'année ? Cherchez les absences : est-ce qu'il y a des personnes dont vous ne savez presque rien ? Des zones entières de l'arbre qui sont vides ? Cherchez les ruptures : est-ce qu'il y a une génération après laquelle tout semble avoir changé — une catastrophe, un exil, une mort qui a tout reconfiguré ?

Le génosociogramme ne vous donnera pas toutes les réponses. Mais il vous posera les bonnes questions. Et c'est déjà, en soi, un acte thérapeutique d'une valeur considérable.

Mots-clés : génosociogramme, psychogénéalogie, arbre généalogique thérapeutique, Anne Ancelin Schützenberger, symboles, génogramme, outil pratique, transmission familiale

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