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Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle

SILO 7 — GUÉRISON, RITUELS & TRANSFORMATION

22 juin 2026 à 12:28:00

Comment faire un deuil non fait ?

Le deuil non fait est l'une des configurations les plus fréquentes — et les plus douloureuses — que la clinique transgénérationnelle rencontre. Un deuil qu'on n'a pas pu faire à l'époque, pour des raisons multiples : les larmes ne venaient pas, les circonstances ne permettaient pas de s'arrêter, la culture familiale interdisait l'expression de la tristesse, le mort était "mort de honte" et on ne pouvait pas le pleurer ouvertement, ou simplement on n'avait pas les ressources émotionnelles ou relationnelles pour traverser ce deuil seul. Et maintenant, des années ou des décennies plus tard, quelque chose n'est toujours pas résolu.

La perte est toujours là, quelque part, en suspens.

Faire un deuil non fait — retrouver le chemin vers une tristesse qu'on n'a pas pu traverser — est l'un des travaux les plus délicats et les plus libérateurs que la thérapie peut accompagner.

Pourquoi les deuils ne se font pas

Les deuils ne se font pas pour de nombreuses raisons. Il y a les deuils empêchés par les circonstances : une mort brutale, un corps qui n'a jamais été retrouvé, une mort en temps de guerre où les rites funéraires étaient impossibles. Il y a les deuils empêchés par la culture familiale : des familles où "on ne pleure pas", où "on ne s'apitoie pas sur soi-même", où l'expression émotionnelle était considérée comme une faiblesse. Il y a les deuils empêchés par la honte : la mort d'un suicidé dont on ne pouvait pas parler, la mort d'un enfant illégitime qu'on devait nier, la mort honteuse d'un collaborateur ou d'un criminel.

Et il y a les deuils empêchés par le manque de témoin : personne autour de qui ces larmes pouvaient être versées, personne qui comprenait la profondeur de la perte, personne qui pouvait dire "oui, cette perte méritait d'être pleurée".

Les signes d'un deuil non fait

Un deuil non fait se signale de plusieurs façons dans la vie du patient. Une tristesse qui revient régulièrement sans objet apparent dans le présent. Des pleurs qui surgissent sans raison claire, ou au contraire une incapacité totale à pleurer même dans des situations qui le justifieraient. Une photo, un objet, un lieu qui déclenche une émotion disproportionnée et inexpliquée. Un rêve récurrent qui met en scène quelqu'un de mort comme s'il était encore vivant, ou des scènes d'adieu qui ne trouvent jamais leur résolution.

Comment commencer à faire le deuil

Faire un deuil non fait commence par se donner la permission de le faire. Permission de pleurer quelqu'un qu'on "n'avait pas le droit" de pleurer. Permission de ressentir la perte — vraiment — dans toute son ampleur, sans la minimiser ni la rationaliser. Ce premier mouvement d'autorisation est souvent le plus difficile — et souvent le seul que le thérapeute ait vraiment à faciliter.

Ensuite viennent les rituels — même tardifs, même symboliques : aller au cimetière, allumer une bougie, dire à voix haute le nom du mort et ce qu'il représentait, écrire ce qu'on aurait voulu lui dire. Ces gestes, si simples qu'ils puissent paraître, font quelque chose. Ils signalent au psychisme que quelque chose est reconnu, honoré, et peut maintenant commencer à se reposer.

Mots-clés : deuil non fait, psychogénéalogie, tristesse, rituel funèbre, permission, libération, pleurs, ancêtres, transmission, thérapie

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