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Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle

SILO 4 — AMOUR, COUPLE & RÉPÉTITIONS RELATIONNELLES

22 juin 2026 à 12:33:00

Difficulté à devenir père et lien au grand-père

Devenir père est l'une des transitions identitaires les plus profondes qu'un homme puisse traverser. Et pour beaucoup d'hommes, cette transition révèle des difficultés inattendues — non pas dans les actes de la paternité, mais dans le ressenti, dans la capacité à être vraiment présent à l'enfant, à se laisser toucher par lui, à s'identifier à ce rôle de père sans angoisse ou sans fuite. Ces difficultés sont souvent diagnostiquées comme des problèmes d'immaturité ou de peur de la responsabilité. Mais dans la clinique transgénérationnelle, elles sont presque toujours liées à l'histoire du père avec son propre père — et parfois à l'histoire du grand-père avec le sien.

La transmission de la paternité — ou de l'incapacité à la paternité — est l'un des fils transgénérationnels les plus robustes que la clinique observe. Et le dérouler permet presque toujours de comprendre quelque chose d'essentiel sur ce qui se joue.

La blessure du père absent

La grande majorité des hommes qui peinent à devenir pleinement pères ont eux-mêmes eu un père absent — physiquement ou affectivement. Un père parti, décédé trop tôt, incapable d'investissement émotionnel, trop occupé, trop blessé pour être vraiment là. Ces hommes n'ont pas eu de modèle de paternité incarnée — ils n'ont pas vu comment un homme peut être à la fois fort et tendre, présent et respectueux de l'autonomie, aimant sans étouffer.

Sans ce modèle, devenir père revient à naviguer sans carte. On improvise — souvent en reproduisant ce qu'on a connu (l'absence, la distance) ou en tentant le contraire (une surprésence qui peut être étouffante). Ni l'une ni l'autre de ces solutions ne vient d'un choix conscient — elles viennent du seul répertoire disponible, construit à partir d'un père qui lui-même n'avait pas su comment faire.

Le grand-père comme chaînon manquant

Dans beaucoup de cas, le père absent n'avait lui-même pas eu de père présent. Le grand-père — disparu à la guerre, émigré pour travailler, alcoolique, violent, ou simplement conforme à une norme culturelle qui excluait les hommes de l'espace émotionnel familial — avait déjà transmis à son fils l'incapacité ou l'interdiction d'être présent. Et ce fils, devenu père à son tour, a reproduit ce qu'il avait reçu.

Remonter jusqu'au grand-père, parfois jusqu'à l'arrière-grand-père, permet souvent de comprendre d'où vient la blessure dans la lignée masculine. Souvent, c'est un événement historique précis qui a tout changé — une guerre qui a emporté un père, une migration qui a coupé les hommes de leur rôle familier, une pauvreté qui a imposé une absence forcée. Ces ruptures historiques dans la transmission de la paternité ont des répercussions qui se mesurent encore deux ou trois générations plus tard.

Devenir le père qu'on n'a pas eu

Le travail psychogénéalogique pour un homme qui peine à devenir père commence souvent par un deuil — le deuil du père qu'on n'a pas eu. Ce deuil, souvent refoulé (parce qu'on "n'en voulait pas" à son père, parce qu'on "comprenait" ses difficultés), est pourtant la condition nécessaire pour ne pas reproduire ce qu'on n'a pas reçu. Pleurer le père absent — pas pour le condamner, mais pour reconnaître ce que son absence a coûté — libère souvent quelque chose d'essentiel : la capacité à être, pour son propre enfant, le père qu'on aurait voulu avoir. Non plus en réaction à son propre père. Mais pour son enfant, librement, à sa propre façon.

Mots-clés : paternité, père absent, psychogénéalogie, grand-père, transmission masculine, deuil, identité, modèle paternel, transgénérationnel

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