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Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle

SILO 6 — SYMPTÔMES, CORPS & MALADIES

22 juin 2026 à 12:30:00

Endométriose et mémoires de violences sexuelles

L'endométriose est une maladie gynécologique encore trop peu connue et trop peu prise en charge — qui touche environ 10% des femmes en âge de procréer, soit quelques millions de femmes en France. Elle se caractérise par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l'utérus, provoquant des douleurs souvent invalidantes, des troubles de la fertilité, et une souffrance quotidienne qui affecte profondément la qualité de vie. Ses causes sont encore mal comprises par la médecine.

Et dans la clinique psychosomatique et psychogénéalogique, une hypothèse — prudente, complémentaire et non exclusive — commence à se dessiner : le lien entre l'endométriose et les mémoires de violences sexuelles dans la lignée féminine.

Je tiens à être clair : l'endométriose est une maladie réelle, physique, qui mérite une prise en charge médicale sérieuse. Ce que j'explore ici est une dimension complémentaire — pas une explication exclusive, encore moins une culpabilisation de la femme malade.

Le corps féminin et la mémoire des violences

Le corps féminin — et particulièrement la sphère génitale — est l'une des zones corporelles les plus directement affectées par les violences sexuelles et les traumatismes liés à la féminité et à la maternité. Les études sur les survivantes de violences sexuelles montrent des taux significativement plus élevés de douleurs pelviennes chroniques, de troubles gynécologiques fonctionnels, de difficultés de fertilité — suggérant un lien entre le trauma sexuel et la manifestation somatique dans la sphère génitale.

Dans la perspective transgénérationnelle, ces corps qui "portent" la violence peuvent transmettre quelque chose à leurs filles — non pas la violence elle-même, mais une vulnérabilité physiologique et psychique dans cette zone corporelle qui a été le lieu de la blessure. Cette transmission peut passer par des voies épigénétiques (des modifications de l'expression génique induites par le stress traumatique) et par des voies psychosomatiques (une vigilance corporelle dans cette zone, une relation particulière à la douleur pelvienne).

Les violences sexuelles dans la lignée : ce qui ne se dit pas

Les violences sexuelles — viols, incestes, abus — ont été, pendant des siècles et dans beaucoup de familles, des réalités tues. Ni dénoncées, ni soignées, ni même nommées. Ces silences ont laissé des femmes porteuses d'un trauma corporel et psychique sans aucune possibilité d'élaboration. Et leurs filles, leurs petites-filles ont parfois hérité — dans leur corps — quelque chose de cette blessure non résolue.

L'hypothèse clinique n'est pas que l'endométriose est "causée" par des violences sexuelles dans la lignée. Elle est que dans certains cas, la vulnérabilité de la sphère gynécologique peut être renforcée par des traumatismes transgénérationnels non élaborés dans cette zone précise du corps féminin. Explorer cette piste, avec prudence et sans jamais minimiser la réalité médicale de la maladie, peut parfois ouvrir des voies thérapeutiques complémentaires précieuses.

Mots-clés : endométriose, violences sexuelles, psychogénéalogie, corps féminin, transmission, trauma, somatisation, douleur pelvienne, épigénétique, lignée maternelle

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