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Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle

SILO 5 — TRAVAIL, ARGENT & RÉUSSITE

22 juin 2026 à 12:31:00

Incapacité à dépenser son argent : l'avarice héritée

Il y a une forme de souffrance autour de l'argent qu'on évoque rarement — parce qu'elle ressemble, de l'extérieur, à de la sagesse ou de la frugalité : l'incapacité à dépenser. Des personnes qui ont largement les moyens de se faire plaisir, de vivre confortablement, de profiter de ce qu'elles ont — et qui en sont incapables. Qui gardent leur argent dans des comptes, qui repoussent les achats à plus tard, qui vivent "comme s'ils étaient pauvres" même quand ils ne le sont pas. Qui ne peuvent pas dépenser sans une anxiété intense qui gâche le plaisir de la dépense.

Cette avarice — qu'il vaut mieux appeler incapacité à recevoir et à profiter — n'est presque jamais un simple trait de caractère. Elle porte presque toujours la trace d'une mémoire.

La mémoire du manque comme programme de survie

L'incapacité à dépenser est souvent la trace d'une mémoire du manque si profondément inscrite qu'elle continue d'opérer même quand le manque a disparu. Des ancêtres qui ont connu la vraie pauvreté — le manque de nourriture, l'impossibilité de chauffer le logement, la peur de ne pas pouvoir payer le loyer — développent des comportements d'accumulation et d'économie qui sont, dans leur contexte, parfaitement adaptés. Ces comportements leur permettent de survivre, de constituer une réserve, de ne jamais se retrouver totalement démunis.

Mais ces comportements se transmettent à des descendants qui n'ont pas connu ces conditions — et qui pourtant continuent, par fidélité inconsciente à la mémoire familiale du manque, à vivre comme si la catastrophe économique était toujours imminente. Ils gardent leur argent, ils ne profitent pas, ils s'empêchent de dépenser même quand les ressources sont là — parce que quelque chose en eux "sait" que tout peut disparaître d'un moment à l'autre.

L'avarice comme loyauté à ceux qui n'ont pas pu profiter

Il y a aussi une dimension de loyauté dans cette incapacité à dépenser. Si mes parents ont travaillé toute leur vie sans jamais vraiment profiter — si mes grands-parents ont vécu dans la privation — me permettre de profiter de ce que j'ai peut sembler une trahison. Un manque de respect pour ceux qui n'ont pas eu cette chance. Une façon de creuser un abîme entre leur vie et la mienne qui serait presque indécente.

Cette loyauté se manifeste par une incapacité à jouir — à prendre plaisir à posséder, à utiliser, à profiter. Comme si le plaisir lui-même était une transgression envers ceux qui n'en ont pas eu.

Apprendre à profiter sans culpabiliser

Le travail thérapeutique sur cette incapacité à dépenser passe par la reconnaissance de la mémoire du manque dans la lignée — lui rendre hommage, reconnaître ce que ces ancêtres ont traversé. Et ensuite, progressivement, se donner la permission de vivre différemment — non pas en niant leur héritage, mais en le portant autrement. "Je sais ce que vous avez vécu. Je ne l'oublie pas. Et précisément parce que je ne l'oublie pas, je vais vivre pleinement ce que vous n'avez pas pu vivre — en votre honneur." Ce passage — de la loyauté par la privation à la liberté en mémoire de — est l'une des plus belles transformations que le travail psychogénéalogique peut produire.

Mots-clés : avarice, incapacité à dépenser, psychogénéalogie, mémoire du manque, loyauté, transmission, argent, plaisir, culpabilité, transgénérationnel

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