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Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle

SILO 6 — SYMPTÔMES, CORPS & MALADIES

22 juin 2026 à 12:30:00

Obésité et kilos de protection contre les agressions passées

L'obésité est l'une des questions de santé publique les plus complexes — et l'une de celles dont la dimension psychologique et transgénérationnelle est le plus souvent ignorée au profit d'une lecture purement comportementale ou métabolique. "Mangez moins, bougez plus" — le conseil est réel mais insuffisant pour les personnes dont le rapport à la nourriture et au corps est traversé par des blessures psychiques profondes. Et parmi ces blessures, il en est une qui revient avec une fréquence remarquable dans la clinique : l'utilisation inconsciente du poids comme protection contre des agressions — réelles ou anticipées.

Cette lecture n'est pas une métaphore.

Elle est cliniquement documentée — et elle éclaire des situations où tous les régimes, toutes les tentatives de contrôle alimentaire, tous les programmes de sport n'ont jamais produit d'effets durables, parce qu'ils ne s'attaquaient pas à la vraie question : pourquoi le corps a-t-il besoin de cette protection ?

Le corps comme forteresse

Pour certaines personnes — et cela concerne davantage les femmes que les hommes, même si les hommes ne sont pas exempts — le corps gros est une forteresse. Un moyen de ne pas être désirable, de ne pas attirer le regard, de ne pas être exposée à une violence que l'on craint sans toujours pouvoir la nommer. Cette logique de protection corporelle s'installe souvent en réponse à des expériences de violence sexuelle ou physique — subies directement, ou parfois héritées de la lignée.

Une femme qui a été agressée sexuellement, ou qui a grandi dans un environnement familial où son corps n'était pas en sécurité, peut développer une relation au poids qui est fondamentalement protectrice : "Si je prends du poids, je suis moins exposée." Cette logique n'est jamais formulée consciemment — mais elle opère, avec une puissance considérable, en dessous de toutes les tentatives de contrôle du poids.

La transmission transgénérationnelle des agressions

Dans la clinique psychogénéalogique, on observe parfois des configurations où le rapport protecteur au poids existe chez une personne qui n'a pas elle-même subi d'agression directe — mais dont la lignée est marquée par des violences contre les corps féminins. Des aïeules violées, des femmes battues, des générations de femmes dont le corps était exposé à une violence ordinaire et normalisée. Ces histoires, transmises non pas en paroles mais dans les attitudes, les silences, les façons de tenir son corps et de se rapporter à l'espace public, peuvent créer chez les descendantes une vigilance corporelle et une stratégie de protection similaires.

Travailler le corps autrement

Aborder l'obésité sous cet angle ne revient pas à psychologiser à outrance une condition qui a des dimensions médicales réelles. Mais quand le rapport au poids résiste à toutes les approches comportementales, explorer la question de la protection — "de quoi mon corps cherche-t-il à me protéger ?" — peut ouvrir des voies thérapeutiques que la seule diététique ne peut pas trouver. Et quand cette protection peut être assurée autrement — par d'autres moyens que le poids — le corps peut parfois, progressivement, relâcher ce dont il n'a plus besoin.

Mots-clés : obésité, protection corporelle, psychogénéalogie, violence sexuelle, transmission, somatisation, corps, femmes, transgénérationnel, poids

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