Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle
SILO 5 — TRAVAIL, ARGENT & RÉUSSITE
22 juin 2026 à 12:32:00
Pourquoi je change de travail tous les deux ans ?

Il y a des personnes qui ne tiennent pas en place professionnellement. Qui changent de poste, d'entreprise, de secteur avec une régularité qui finit par les inquiéter elles-mêmes. Qui commencent chaque nouveau travail avec enthousiasme, s'y investissent pleinement — puis, au bout de dix-huit mois à deux ans, ressentent ce même malaise, cette même envie d'ailleurs, cette même certitude que "ce n'est pas là que je suis à ma place". Et recommencent. Ces changements répétitifs, quand ils ne correspondent pas à une progression logique de carrière mais à une fuite régulière, signalent presque toujours quelque chose de plus profond qu'une simple inadaptation au monde du travail.
Dans la perspective psychogénéalogique, la fréquence et la régularité de ces changements sont souvent le premier indice d'un syndrome d'anniversaire ou d'une loyauté inconsciente à explorer.
Le syndrome d'anniversaire professionnel

L'une des premières choses à vérifier quand quelqu'un change de travail régulièrement à un intervalle précis est la correspondance avec des événements professionnels dans la lignée. Un père qui a perdu son emploi après deux ans dans la même entreprise. Un grand-père qui changeait de ferme ou d'employeur régulièrement. Une mère dont les différentes entreprises ont fermé ou restructuré à intervalles similaires. Ces correspondances, quand elles existent, suggèrent un syndrome d'anniversaire professionnel — une programmation inconsciente qui crée une zone de turbulence à une certaine période de la relation à un employeur.
La peur de l'enracinement

Une autre hypothèse fréquente est celle de la peur de l'enracinement — une difficulté à rester, à s'installer durablement dans un lieu, une relation, une situation. Cette peur de l'enracinement peut avoir des origines transgénérationnelles très concrètes : des familles de migrants qui ont appris que s'attacher à un lieu c'est risquer de tout perdre. Des familles déplacées par des guerres ou des crises économiques qui ont développé une mobilité défensive. Des lignées de nomades professionnels dont l'identité était construite autour du mouvement plutôt que de la stabilité.
Quand l'enracinement a été associé dans la lignée à la vulnérabilité ou à la perte, rester quelque part trop longtemps peut déclencher une anxiété inconsciente. Et le changement de travail est une façon de rester en mouvement — de ne jamais être suffisamment installé pour être menacé par l'immobilité.
La loyauté à un ancêtre mobile ou insatisfait

Il y a aussi parfois une loyauté inconsciente à un ancêtre qui lui-même ne trouvait jamais sa place professionnelle — un homme qui cherchait constamment quelque chose de mieux, une femme qui n'avait jamais eu la liberté de choisir vraiment son travail et qui rêvait d'autre chose. Le descendant qui change de travail tous les deux ans peut porter le désir inaccompli de cet ancêtre — chercher pour lui ce qu'il n'a jamais pu trouver.
Nommer cette loyauté, reconnaître qu'on cherche peut-être pour quelqu'un d'autre autant que pour soi — et se demander ensuite ce qu'on chercherait vraiment pour soi-même, si on pouvait choisir sans ce mandat — est souvent l'étape qui permet enfin de s'arrêter quelque part et de construire quelque chose de durable.
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