top of page

Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle

SILO 6 — SYMPTÔMES, CORPS & MALADIES

22 juin 2026 à 12:29:00

Problèmes de vue : ce qu'on ne veut pas voir dans l'arbre

Les troubles de la vision ont, dans la clinique psychosomatique, une symbolique qui revient avec une régularité frappante : ce qu'on ne peut pas ou ne veut pas voir. Les yeux sont nos organes de perception du réel — et quand ce réel est trop douloureux, trop chargé, trop difficile à regarder en face, le corps peut répondre en perturbant l'organe de la vision. Cette lecture n'est pas une explication universelle des problèmes oculaires — la myopie, le glaucome, la DMLA ont des étiologies médicales complexes.

Mais dans certains cas, et particulièrement quand les troubles visuels s'aggravent dans des contextes familiaux précis ou quand ils résistent aux traitements habituels, la dimension psychosomatique et transgénérationnelle mérite d'être explorée.

Ce que l'enfant refuse de voir

Dans la clinique, la myopie — la difficulté à voir de loin — est souvent associée à un contexte d'enfance dans lequel regarder au loin était soit impossible (un environnement très resserré, une famille qui n'encourageait pas à envisager un avenir large), soit dangereux (un futur trop anxiogène qu'il valait mieux ne pas regarder). La myopie "rapproche" le monde — elle le rend plus gérable, plus proche, plus contrôlable. Et pour certains enfants, cette adaptation optique peut correspondre à une adaptation psychique : ne pas voir trop loin, ne pas s'exposer à un avenir que la famille n'avait pas les ressources de lui promettre.

Les secrets qu'on ne veut pas voir dans l'arbre

Dans la perspective transgénérationnelle, les troubles visuels peuvent aussi être liés à des secrets familiaux que le patient — consciemment ou non — résiste à voir. Des familles avec des secrets lourds créent souvent des zones d'aveuglement collectif — des réalités que tout le monde contourne du regard, que personne ne regarde vraiment en face. L'enfant qui grandit dans cet environnement peut intérioriser cet aveuglement collectif dans sa propre perception visuelle.

Dans la clinique, on observe parfois des améliorations visuelles — au sens propre — après un travail psychogénéalogique qui a permis de "voir" enfin quelque chose que la famille refusait de regarder. Ces améliorations ne sont pas universelles ni garanties — et elles ne remplacent jamais le suivi ophtalmologique. Mais elles témoignent du lien profond entre perception visuelle et perception psychique.

Oser regarder

Le travail psychogénéalogique peut, dans cette perspective, être conçu comme un travail d'éducation du regard — apprendre à regarder ce qu'on avait appris à ne pas voir. Les zones d'ombre de l'arbre. Les vérités qu'on contournait. Les réalités que la famille refusait de nommer. Ce regard, courageux et bienveillant à la fois, est souvent l'un des actes les plus transformateurs du travail thérapeutique.

Mots-clés : problèmes de vue, myopie, psychosomatique, psychogénéalogie, voir, secret de famille, aveuglement, transmission, corps, transgénérationnel

bottom of page