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Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle

SILO 2 — OUTILS PRATIQUES & ENQUÊTE FAMILIALE

22 juin 2026 à 12:36:00

Retrouver un ancêtre né sous X

Il y a des arbres généalogiques qui ont un trou. Pas simplement une information manquante — mais un mur. Une filiation impossible à remonter parce que quelqu'un, à un moment donné, a accouché sous le secret. Un enfant né "sous X" : sans père déclaré, parfois même sans mère identifiée, confié à l'Assistance Publique ou abandonné à la naissance. Ce trou dans l'arbre est plus fréquent qu'on ne le croit — et il porte une charge psychique considérable, tant pour la personne concernée que pour ses descendants.

Retrouver un ancêtre né sous X n'est pas impossible. C'est long, c'est parfois douloureux, et ça ne réussit pas toujours.

Mais les outils existent — et la loi française a évolué pour faciliter ces recherches. Voici comment s'y prendre.

Comprendre ce que "né sous X" signifie

En France, l'accouchement sous le secret — communément appelé "accouchement sous X" — est un droit reconnu par la loi depuis le XIXe siècle et codifié progressivement au XXe. Il permet à une femme d'accoucher anonymement, sans que son identité soit inscrite dans les documents d'état civil de l'enfant. L'enfant est alors pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance et peut être adopté.

Ce droit existe encore aujourd'hui en France — ce qui est une exception notable en Europe. Les motivations de celles qui y recourent sont multiples : grossesse cachée, viol, impossibilité matérielle d'élever un enfant, pression familiale ou sociale. Elles ont toutes en commun une situation de détresse ou d'impossibilité qui mérite d'être regardée avec compassion, même quand on cherche à retrouver ce qu'elles ont caché.

Le Conseil National pour l'Accès aux Origines Personnelles (CNAOP)

En France, c'est le CNAOP — Conseil National pour l'Accès aux Origines Personnelles — qui est l'organisme officiel compétent pour faciliter les recherches d'origines des personnes nées sous X. Créé par la loi du 22 janvier 2002, il gère les demandes d'accès aux informations non identifiantes (état de santé, circonstances de la naissance, raisons de l'abandon) et peut tenter de recueillir, avec son accord, l'identité de la mère de naissance.

Si vous êtes vous-même né sous X, ou si vous cherchez à retrouver un ancêtre dans cette situation, la procédure passe par une demande officielle au CNAOP. Le délai de traitement peut être long, et le résultat n'est jamais garanti — la mère de naissance a le droit de maintenir son anonymat. Mais dans certains cas, quand la mère a levé le secret avant de mourir, ou quand elle y consent au moment de la demande, des informations peuvent être transmises.

Les archives de l'Assistance Publique

Pour les ancêtres nés sous X au XIXe ou dans la première moitié du XXe siècle, les archives de l'Assistance Publique — Hôpitaux de Paris (AP-HP) pour la région parisienne, ou les archives départementales pour les autres régions — conservent des registres d'admission des enfants abandonnés. Ces documents peuvent contenir des informations précieuses : la date et le lieu d'abandon, parfois une note laissée par la mère, parfois des informations sur les origines supposées de l'enfant.

Ces archives sont communicables selon les règles générales de l'état civil — généralement après 75 à 100 ans. Pour les périodes plus récentes, l'accès est restreint et passe par des procédures spécifiques.

Les tests ADN : une révolution dans la recherche d'origines

Depuis quelques années, les tests génétiques grand public (23andMe, MyHeritage DNA, Ancestry DNA) ont révolutionné les recherches d'origines pour les personnes nées sous X ou adoptées. Ces tests permettent de trouver des correspondances génétiques avec d'autres personnes inscrites dans les bases de données — des cousins, des demi-frères ou sœurs, parfois des parents directs — qui peuvent conduire à l'identification de la famille biologique par recoupement.

Cette méthode, qu'on appelle la généalogie génétique, a permis des retrouvailles qui n'auraient jamais été possibles par les voies administratives classiques. Elle soulève aussi des questions éthiques complexes — notamment quand des personnes sont identifiées sans l'avoir choisi. Mais pour quelqu'un qui cherche ses origines, c'est aujourd'hui l'un des outils les plus puissants disponibles.

Quand on ne trouve rien : travailler avec le vide

Parfois, la recherche ne donne rien. La mère reste anonyme, les archives sont lacunaires, les tests ADN ne trouvent pas de correspondance. Ce vide — ce trou dans l'arbre — reste. Et il faut apprendre à vivre avec, à le représenter dans le génosociogramme, à le travailler cliniquement comme ce qu'il est : une zone d'origine inconnue qui ne définit pas l'identité de celui qui la porte, mais qui mérite d'être reconnue comme telle — avec ses questions sans réponse, et la liberté qu'on peut paradoxalement trouver dans cette incertitude fondamentale.

Mots-clés : né sous X, accouchement sous le secret, CNAOP, Assistance Publique, archives, psychogénéalogie, origines, test ADN, généalogie génétique, adoption

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