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Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle

SILO 6 — SYMPTÔMES, CORPS & MALADIES

22 juin 2026 à 12:29:00

Sommeil agité et "veille" pour les ancêtres disparus

Il y a des personnes qui n'arrivent pas à dormir. Pas seulement des insomnies ponctuelles — mais une relation au sommeil chroniquement difficile. Qui s'endorment avec peine, qui se réveillent plusieurs fois dans la nuit, qui dorment "en surface", comme si quelque chose en eux refusait de lâcher prise complètement. Et parmi ces personnes, il y en a pour qui ce sommeil agité n'a pas d'explication dans leur vie présente — pas de stress professionnel majeur, pas de douleur chronique, pas d'événement déstabilisant récent.

Le sommeil est perturbé "depuis toujours", ou depuis un événement familial — un deuil, une révélation, un contexte de crise dans la lignée — qui semble avoir déclenché quelque chose d'irréversible.

Dans la clinique transgénérationnelle, certains troubles du sommeil correspondent à ce qu'on pourrait appeler une "veille pour les ancêtres" — une vigilance nocturne héritée, maintenue par un inconscient qui n'a pas reçu le signal que quelque chose est enfin terminé, que quelqu'un peut désormais être en paix.

La vigilance nocturne comme héritage de survie

Pendant des siècles, la nuit était dangereuse. Les prédateurs, les ennemis, les incendies, les bandits — autant de menaces qui exigeaient une vigilance même pendant le sommeil. Les familles qui ont traversé des périodes de danger extrême — guerres, persécutions, famines — ont développé des états de vigilance nocturne qui leur permettaient de survivre. Et ces états de vigilance, comme toutes les adaptations aux situations de danger, peuvent se transmettre épigénétiquement aux générations suivantes.

Le descendant d'une famille qui a vécu sous la menace peut se retrouver avec un système nerveux calibré sur un niveau de danger qui n'existe plus — un système qui continue de "faire la garde" la nuit, qui refuse de relâcher complètement sa vigilance, parce que dans la mémoire cellulaire de la lignée, lâcher prise la nuit était potentiellement mortel.

Veiller pour les morts qui n'ont pas été veillés

Il y a aussi une dimension symbolique dans certains troubles du sommeil transgénérationnels : la veille funèbre non faite. Dans la tradition catholique et dans beaucoup d'autres cultures, on "veillait" les morts — on passait la nuit auprès du défunt, on l'accompagnait dans son passage. Quand cette veille n'a pas pu se faire — pour un mort en temps de guerre, pour un disparu sans sépulture, pour quelqu'un dont la mort a été niée ou dissimulée — quelque chose reste en suspens. Et parfois, c'est un descendant qui "veille" inconsciemment, nuit après nuit, pour l'ancêtre qui n'a pas été veillé.

Permettre au corps de se reposer

Le travail sur le sommeil à dimension transgénérationnelle passe par la reconnaissance de ce pour quoi — ou pour qui — on veille. Nommer l'ancêtre. Reconnaître sa mort, sa disparition. Lui rendre symboliquement sa veille — faire le geste, même symbolique, de l'accompagner. Et progressivement, envoyer à son propre système nerveux le signal qu'il n'a plus besoin de faire la garde — que quelqu'un d'autre a pris le relais, que le danger est passé, que le mort peut reposer en paix. Et que soi aussi, enfin, on peut dormir.

Mots-clés : sommeil, insomnie, vigilance nocturne, psychogénéalogie, ancêtres, veille funèbre, transmission, épigénétique, somatisation, transgénérationnel

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