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Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle

SILO 3 — SECRETS DE FAMILLE & NON-DITS

22 juin 2026 à 12:35:00

Tabou de la sexualité chez les ancêtres

La sexualité est le domaine le plus universellement chargé de tabous dans l'histoire humaine — et l'un de ceux dont les silences transgénérationnels sont les plus déterminants pour la vie des descendants. Parce que la sexualité, c'est la vie. C'est le désir, le plaisir, le lien intime, la filiation. C'est aussi, dans beaucoup de familles et pendant des siècles, ce qui était le plus étroitement contrôlé, le plus sévèrement sanctionné, le plus profondément marqué par la honte.

Des générations de femmes qui n'ont jamais connu le plaisir. Des hommes dont les désirs n'avaient pas de nom ni de place. Des sexualités vécues dans le secret, la culpabilité, la peur.

Tout cela se transmet — non pas en mots, mais dans les corps, dans les silences, dans les façons de (ne pas) parler de la sexualité, dans les modèles relationnels que chaque génération reçoit de la précédente.

Ce que les générations précédentes ne pouvaient pas dire

Pour comprendre le tabou de la sexualité chez les ancêtres, il faut resituer les conditions dans lesquelles ils vivaient leur vie intime. Dans la France catholique du XIXe et du début du XXe siècle, la sexualité était conçue exclusivement comme procréatrice au sein du mariage. Tout ce qui s'en écartait — le plaisir pour lui-même, les relations hors mariage, l'homosexualité, la masturbation — était un péché, souvent un crime, toujours une source de honte profonde.

Les femmes, particulièrement, n'avaient pas accès à leur propre désir. On leur apprenait à endurer, à se soumettre, à ne jamais parler de ce qui se passait dans la chambre conjugale. Beaucoup ont vécu des décennies de vie maritale sans jamais connaître le plaisir — sans même savoir que c'était possible pour elles. Et cette ignorance de leur propre désir, cette dissociation d'avec leur propre corps, s'est transmise à leurs filles, et aux filles de leurs filles.

Les transmissions les plus fréquentes

Les tabous sexuels des ancêtres se transmettent à leurs descendants de façons très diverses. Il y a les inhibitions sexuelles — une difficulté à ressentir du plaisir, à habiter son corps avec légèreté, à exprimer ses désirs à un partenaire. Ces inhibitions ne viennent pas d'un manque d'éducation sexuelle ou d'une expérience traumatique personnelle — elles viennent d'une atmosphère familiale où la sexualité était marquée au fer rouge de la honte.

Il y a aussi la confusion entre sexualité et culpabilité — l'impossibilité de désirer sans se sentir mauvais, impur, en faute. Cette confusion, héritée de générations qui vivaient réellement leur sexualité dans la culpabilité religieuse et sociale, est souvent très difficile à défaire par la simple réflexion intellectuelle. Elle est inscrite dans le corps, dans les réponses automatiques, dans les associations émotionnelles profondes.

Et il y a parfois le retournement — une sexualité compulsive, une façon de transgresser tous les tabous comme pour se libérer d'une prison dont on ne comprend pas tout à fait les barreaux. Cette compulsion est souvent le signe d'une loyauté inversée envers les ancêtres — se libérer à leur place, vivre le désir qu'ils n'ont pas pu vivre.

Réconcilier sa sexualité avec son histoire

Le travail psychogénéalogique autour de la sexualité n'est pas un travail sur la technique ou les comportements — c'est un travail sur l'histoire. Comprendre d'où viennent les inhibitions, les hontes, les confusions. Reconnaître ce que les ancêtres ont vécu et ce que ça a coûté. Et progressivement, se donner la permission de vivre sa propre vie sexuelle — avec ses propres désirs, dans sa propre époque — sans être gouverné par des règles qui appartenaient à un autre temps et à d'autres vies.

Mots-clés : sexualité, tabou, psychogénéalogie, honte, inhibition, ancêtres, transmission, désir, corps, libération

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