Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle
SILO 7 — GUÉRISON, RITUELS & TRANSFORMATION
22 juin 2026 à 12:25:00
Le pouvoir des excuses symboliques

Il y a des torts qui ne peuvent pas être réparés directement — parce que la personne lésée est morte depuis longtemps, parce que les circonstances ont rendu toute réparation matérielle impossible, parce que le tort appartient à une autre époque et à une autre génération que la nôtre. Et pourtant, quelque chose dans le psychisme familial cherche une résolution. Quelque chose attend qu'un mot soit dit. Que quelqu'un, quelque part dans la lignée, reconnaisse ce qui s'est passé et dise : "Ce n'aurait pas dû se passer ainsi. Je le reconnais.
" C'est le pouvoir des excuses symboliques — des excuses qui ne réparent pas le passé, mais qui soldent une dette dans l'inconscient familial et libèrent les générations qui suivent du poids d'une faute non reconnue.
Pourquoi les excuses symboliques fonctionnent

Les excuses symboliques fonctionnent parce qu'elles accomplissent un acte psychique précis : la reconnaissance. Reconnaître qu'un tort a été commis — par soi, par un parent, par un ancêtre — c'est sortir du déni qui maintient la blessure ouverte. C'est dire la vérité sur ce qui s'est passé. Et cette vérification — cette mise en conformité entre ce qui a eu lieu et ce qui est dit — a une puissance de résolution remarquable.
Dans les recherches sur le pardon et la réconciliation — notamment les travaux issus des processus de vérité et réconciliation en Afrique du Sud, au Rwanda, en Argentine — il est apparu clairement que la reconnaissance de ce qui s'est passé est souvent plus importante, pour les victimes, que les réparations matérielles. Être reconnu dans sa souffrance, entendre que ce qui a été fait n'aurait pas dû l'être — cela fait quelque chose que l'argent ne fait pas.
S'excuser pour un ancêtre

Peut-on s'excuser pour quelqu'un d'autre ? Cette question peut sembler absurde. Et pourtant, dans la clinique transgénérationnelle, l'acte de s'excuser symboliquement au nom d'un ancêtre — de reconnaître ce qu'il a fait, même si on ne l'a pas fait soi-même — peut avoir des effets libérateurs très réels. Non pas parce que ça efface ce qui a été fait. Mais parce que ça sort la faute du silence — qui est précisément ce qui la maintient active dans l'inconscient familial.
Un descendant d'un collaborateur qui dit : "Ce que mon grand-père a fait était injuste et je le reconnais" — ne change pas l'histoire. Mais il interrompt la transmission silencieuse de la culpabilité et de la honte. Il pose quelque chose qui était suspendu. Et dans cette pose, quelque chose peut commencer à se résoudre.
S'excuser pour soi : les torts qu'on a commis envers soi-même

Les excuses symboliques peuvent aussi être tournées vers soi-même. S'excuser d'avoir été si dur avec soi-même pendant des années. De s'être sacrifié alors qu'on ne le devait pas. D'avoir négligé sa propre vie au profit de mandats non choisis. Ces excuses à soi-même — souvent les plus oubliées — peuvent ouvrir un espace de bienveillance envers soi qui change profondément le rapport à sa propre histoire.
Mots-clés : excuses symboliques, psychogénéalogie, reconnaissance, faute, transmission, réparation, libération, ancêtre, honte, transgénérationnel