Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle
SILO 8 — PRATICIENS, FORMATIONS & RESSOURCES
22 juin 2026 à 12:23:00
Les erreurs à éviter quand on fait son arbre seul

Nous avons vu, dans la thématique des outils pratiques, comment construire son génosociogramme et comment travailler seul sur son arbre. Mais il y a des erreurs fréquentes qui peuvent transformer ce travail précieux en quelque chose de moins utile — voire de contreproductif. Les connaître à l'avance permet de les éviter et de tirer vraiment parti de la démarche.
Erreur 1 : chercher la certitude plutôt que les hypothèses

L'une des erreurs les plus courantes est de vouloir des certitudes là où il ne peut y avoir que des hypothèses. "Mon grand-père a forcément eu un secret" — mais peut-être pas. "Cette date ne peut pas être une coïncidence" — mais peut-être que si. Le travail psychogénéalogique est un travail d'hypothèses — d'exploration prudente, de questions ouvertes, de pistes à vérifier. Quand on transforme ces hypothèses en certitudes avant d'avoir les éléments qui les justifient, on risque de construire un récit familial fictif qui fera plus de dommages que le vide qu'il cherchait à remplir.
Erreur 2 : tout interpréter comme transgénérationnel

L'enthousiasme pour la psychogénéalogie peut produire un biais de confirmation puissant : on commence à voir du transgénérationnel partout. Une migraine devient "la trace d'un ancêtre non pleuré". Un conflit au travail devient "la répétition d'une injustice familiale du XIXe siècle". Ces interprétations peuvent être justes — mais elles peuvent aussi être fausses. Toutes les migraines ne sont pas transgénérationnelles. Tous les conflits professionnels ne rejouent pas un trauma familial. Garder un regard nuancé et multiple — qui laisse de la place à d'autres explications — est essentiel.
Erreur 3 : ouvrir des portes sans pouvoir les refermer

L'exploration d'un arbre généalogique peut amener à des zones très chargées émotionnellement — des secrets, des traumatismes, des réalités douloureuses. Quand on travaille seul, sans accompagnement thérapeutique, on peut se retrouver à ouvrir des "portes" psychiques sans avoir les ressources pour traverser ce qui en sort. La règle de base : si en travaillant sur son arbre on commence à se sentir déstabilisé, angoissé, ou que des émotions très intenses émergent sans pouvoir s'élaborer — c'est le signe qu'il faut ralentir et chercher un accompagnement.
Erreur 4 : se focaliser uniquement sur les blessures

Le regard psychogénéalogique peut parfois devenir un regard uniquement traumatique — on cherche les blessures, les secrets, les traumatismes. Et on oublie de chercher aussi les ressources, les forces, les moments de beauté et de résilience dans l'histoire familiale. Un génosociogramme qui ne contient que de la souffrance n'est pas un génosociogramme complet — c'est un génosociogramme biaisé. L'histoire familiale, aussi difficile soit-elle, contient toujours des ressources qui méritent d'être reconnues.
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