Psychogénéalogie | Psychanalyse Transgénérationnelle
SILO 2 — OUTILS PRATIQUES & ENQUÊTE FAMILIALE
22 juin 2026 à 12:36:00
Symboles officiels du génogramme : carrés, ronds, traits

Quand on commence à dessiner son arbre généalogique thérapeutique, l'une des premières questions pratiques qui se pose est : comment représenter les différentes personnes et les différents types de relations ? Il existe une convention graphique — héritée du génogramme médical développé par Murray Bowen et popularisée par Monica McGoldrick — qui est devenue un standard international. La connaître permet de lire et de produire des arbres lisibles par tous les praticiens, et de ne pas réinventer la roue à chaque fois.
Ces symboles ne sont pas une contrainte arbitraire.
Ils sont un langage commun — et comme tout langage, ils permettent de communiquer avec précision et rapidité des informations complexes. Une fois qu'on les connaît, un coup d'œil sur un génosociogramme révèle en quelques secondes la structure d'une famille, ses ruptures, ses deuils, ses configurations particulières.
Les symboles de base : personnes et identité

Le carré représente un homme. Le cercle représente une femme. Simple, mémorisable, universel dans la pratique clinique francophone et internationale. Pour les personnes dont le genre n'est pas binaire ou est inconnu, certains praticiens utilisent un losange ou un triangle — les conventions évoluent sur ce point.
À l'intérieur du carré ou du cercle, on note généralement le prénom (et parfois le nom de famille pour les femmes qui ont changé de nom), l'année de naissance et l'année de décès. Par exemple : "Marie / 1902-1967". Certains praticiens ajoutent aussi le métier, en abrégé, juste sous le symbole.
Une croix à l'intérieur du symbole — ou un X — indique que la personne est décédée. Certains praticiens remplissent le symbole en noir pour indiquer le décès, d'autres préfèrent la croix superposée. L'important est d'être cohérent tout au long de l'arbre.
Les relations de couple

Les couples sont reliés par une ligne horizontale entre le carré et le cercle. La nature de cette ligne précise le type d'union. Une ligne simple continue indique une relation ou une union non formalisée. Une double ligne horizontale indique un mariage légal. Une ligne avec deux barres obliques indique une séparation. Une ligne avec deux barres obliques et un trait vertical indique un divorce.
Quand il y a eu plusieurs unions successives, on les représente dans l'ordre chronologique, de gauche à droite. Un homme qui a été marié trois fois aura trois lignes partant de son carré, vers trois cercles différents, avec les dates correspondantes. Ces configurations révèlent souvent des patterns importants — la répétition des ruptures, les remariages à des âges précis, les unions avec des profils similaires.
Les enfants et la filiation

Les enfants descendent de la ligne horizontale qui relie les parents, par un trait vertical qui rejoint une ligne horizontale commune — la "barre fraternelle" — à partir de laquelle chaque enfant descend par un nouveau trait vertical. Les enfants sont placés dans l'ordre chronologique de naissance, de gauche à droite.
Les enfants biologiques sont reliés par un trait plein. Les enfants adoptés sont reliés par un trait en pointillés. Les enfants nés d'une relation extra-conjugale sont représentés avec une ligne en tirets, partant du parent concerné. Les jumeaux sont indiqués par deux traits qui se rejoignent en un seul point sur la barre fraternelle — les jumeaux identiques par un trait horizontal reliant leurs symboles, les jumeaux fraternels sans ce trait.
Les fausses couches et les mort-nés méritent une représentation spécifique — trop souvent omise dans les arbres. Un petit cercle ou carré barré d'une croix, avec si possible la date, signale leur existence dans la fratrie. Ces représentations sont cliniquement importantes : leur absence dans un arbre peut elle-même être un symptôme — le signe que ces petites vies n'ont pas eu de place, pas de reconnaissance.
Les relations émotionnelles : les lignes relationnelles

Au-delà de la structure familiale biologique, le génosociogramme peut représenter la qualité des relations entre les membres de la famille. C'est là qu'il devient vraiment un outil thérapeutique et non plus simplement généalogique.
Une ligne ondulée entre deux personnes signale une relation conflictuelle. Une ligne double signale une relation fusionnelle ou très proche. Une ligne hachurée signale une relation distante ou coupée. Une ligne avec des flèches peut indiquer une relation de dépendance ou d'emprise. Ces conventions varient selon les praticiens — l'essentiel est de créer sa propre légende et de s'y tenir.
Les événements marquants : codes de couleur et annotations

Les événements importants de chaque vie sont notés à côté ou sous le symbole de la personne concernée. Maladies graves, hospitalisations, accidents, emprisonnements, migrations, faillites — tout ce qui a pu marquer le cours d'une existence et potentiellement se transmettre. L'utilisation de couleurs différentes selon les thématiques (rouge pour les maladies, bleu pour les troubles psychiques, vert pour les ruptures, par exemple) permet de visualiser d'un seul regard les patterns qui traversent les générations.
Un génosociogramme bien construit ressemble parfois à une œuvre d'art complexe — un réseau de lignes, de couleurs, de symboles qui raconte, visuellement, l'histoire d'un clan. Prendre le temps de le dessiner soigneusement, c'est déjà commencer à voir sa famille autrement — non plus comme une série de destins individuels, mais comme un système vivant, avec ses cohérences, ses ruptures, et ses transmissions invisibles.
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