Comment savoir si on a le syndrome de l'imposteur ?
- Cedric Aupetit

- 5 oct. 2025
- 2 min de lecture

Vous venez de recevoir une promotion, mais au lieu de célébrer, vous vous demandez quand vos collègues découvriront que vous n'êtes pas à la hauteur ? Cette petite voix intérieure qui minimise vos réussites pourrait bien être le signe du syndrome de l'imposteur. Décryptons ensemble ce phénomène psychologique qui touche près de 70% de la population au cours de leur vie.
Les signes révélateurs du syndrome de l'imposteur
Le syndrome de l'imposteur se manifeste par une incapacité persistante à reconnaître ses propres compétences et réussites. Plusieurs indicateurs peuvent vous alerter : vous attribuez systématiquement vos succès à la chance ou à des facteurs externes, vous ressentez une peur irrationnelle d'être "démasqué", ou encore vous travaillez de manière excessive pour compenser ce que vous percevez comme une incompétence.
Les personnes concernées éprouvent souvent une anxiété chronique face aux défis professionnels ou académiques. Elles ont tendance à se comparer négativement aux autres et à minimiser leurs accomplissements. Si vous vous reconnaissez dans ces comportements de manière récurrente, il est probable que vous expérimentiez ce syndrome.
Comment savoir si on a le syndrome de l'imposteur ? Les tests d'auto-évaluation.
Pour identifier ce phénomène, plusieurs outils existent. L'échelle de Clance, développée par la psychologue Pauline Clance, reste la référence. Ce questionnaire évalue l'intensité de vos sentiments d'imposture à travers vingt affirmations. Vous pouvez également observer vos réactions émotionnelles : ressentez-vous un malaise profond lorsqu'on vous félicite ? Avez-vous du mal à accepter les compliments ?
Tenir un journal de vos réussites peut également révéler des schémas : notez vos accomplissements et vos réactions face à ceux-ci. Cette pratique met souvent en lumière le décalage entre la réalité objective et votre perception subjective.
Les racines transgénérationnelles du syndrome
La dimension transgénérationnelle du syndrome de l'imposteur mérite une attention particulière. Les blessures psychiques, les croyances limitantes et les non-dits familiaux se transmettent de génération en génération, façonnant notre rapport à la légitimité et à la réussite.
Certaines familles véhiculent des messages implicites comme "ne te mets pas en avant" ou "la réussite attire le malheur". Ces injonctions paradoxales, héritées de traumatismes ancestraux (guerres, exils, déclassements sociaux), créent un terreau fertile pour le syndrome de l'imposteur. Un grand-parent ayant vécu la précarité peut ainsi transmettre inconsciemment une méfiance envers la réussite, perçue comme précaire ou illégitime.
L'analyse transgénérationnelle révèle aussi des loyautés familiales invisibles. Ne pas dépasser ses parents en termes de réussite sociale ou professionnelle devient alors une forme de fidélité inconsciente. Explorer votre histoire familiale peut éclairer ces dynamiques souterraines.
Vers une libération progressive
Comprendre l'origine de ces pensées constitue la première étape. Reconnaître que ces doutes ne reflètent pas la réalité mais des schémas intériorisés permet déjà de prendre du recul. La thérapie, notamment les approches transgénérationnelles comme la psychogénéalogie, offre des outils précieux pour identifier et dénouer ces héritages psychiques.
Parallèlement, des techniques concrètes aident au quotidien : reformuler vos pensées négatives, créer un "dossier de réussites" tangibles, partager vos ressentis avec des pairs concernés, ou encore pratiquer l'auto-compassion. Le syndrome de l'imposteur n'est pas une fatalité, mais un mécanisme psychologique que vous pouvez apprivoiser.
N'oubliez pas : vos doutes ne définissent pas votre valeur. Ils témoignent simplement d'une sensibilité et d'une lucidité qui, une fois canalisées, peuvent devenir de véritables forces.



Commentaires