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Violences conjugales : le silence qui se transmet

  • Photo du rédacteur: Cedric Aupetit
    Cedric Aupetit
  • 14 févr. 2025
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 11 déc. 2025


Violences conjugales : le silence qui se transmet
Violences conjugales : le silence qui se transmet

Les violences conjugales ne frappent pas seulement au présent. Elles s'inscrivent dans une mémoire familiale qui traverse les générations, créant un héritage silencieux et destructeur. Comprendre cette transmission transgénérationnelle est essentiel pour briser enfin le cycle de la violence.


Quand la violence devient un héritage familial


Les enfants exposés aux violences conjugales grandissent dans un environnement où la peur, l'impuissance et le silence deviennent la norme. Selon les études en psychogénéalogie, un enfant témoin de violences a quatre fois plus de risques de reproduire ces schémas à l'âge adulte, soit comme victime, soit comme agresseur.

Ce phénomène s'explique par l'apprentissage inconscient des relations affectives. L'enfant intègre des modèles relationnels dysfonctionnels : la domination, le contrôle, la manipulation émotionnelle deviennent des modes de communication "normaux". Le silence imposé par la famille pour préserver les apparences renforce cette transmission toxique.


Les mécanismes de la transmission silencieuse


Le silence autour des violences conjugales agit comme un poison lent. Dans de nombreuses familles, on ne parle pas de "ce qui se passe à la maison".


Cette loi du silence crée plusieurs effets dévastateurs :

  • La normalisation de la violence : Sans mots pour nommer la violence, l'enfant ne peut pas identifier ce qu'il vit comme anormal. Il intègre que les cris, les humiliations ou les coups font partie de l'amour.

  • La culpabilité transgénérationnelle : Les victimes portent souvent une honte héritée. Elles reproduisent inconsciemment le silence de leur mère ou grand-mère, perpétuant ainsi le cycle.

  • Les loyautés invisibles : La psychogénéalogie révèle que certaines personnes restent dans des relations violentes par fidélité inconsciente à leurs ancêtres qui ont enduré la même souffrance.


Briser le silence pour guérir les générations


La première étape vers la libération consiste à mettre des mots sur la violence. Nommer l'abus, reconnaître la souffrance et sortir du déni permettent d'interrompre la transmission.

La thérapie transgénérationnelle offre des outils puissants pour explorer l'arbre généalogique et identifier les patterns répétitifs. Le génogramme permet de visualiser les violences familiales à travers les générations et de comprendre comment elles se sont inscrites dans l'histoire familiale.

Le travail thérapeutique aide également à se délier des loyautés invisibles. Il ne s'agit pas de trahir sa famille, mais de choisir consciemment un autre chemin pour soi et ses enfants.


Protéger les générations futures


Briser le cycle exige du courage et un accompagnement professionnel adapté. Les victimes doivent savoir qu'elles ne sont pas seules et que des ressources existent : numéros d'urgence comme le 3919, associations spécialisées, thérapies familiales.

Parler aux enfants avec des mots justes, sans minimiser ni dramatiser, leur permet de construire une vision saine des relations. Les éduquer au respect, au consentement et à l'égalité constitue la meilleure prévention.


Conclusion


Les violences conjugales ne sont jamais une fatalité héréditaire. Comprendre leur transmission transgénérationnelle permet de s'en libérer consciemment. Le silence qui empoisonne les familles peut être rompu. Chaque personne qui choisit de parler, de demander de l'aide et d'entamer un travail thérapeutique brise une chaîne et offre un avenir différent aux générations futures. La guérison est possible, et elle commence par briser le silence.

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