C'est quoi le syndrome de l'imposteur ?
- Cedric Aupetit

- 13 août 2025
- 3 min de lecture

Vous arrive-t-il de douter constamment de vos compétences malgré vos réussites ? De craindre qu'on découvre que vous n'êtes pas à la hauteur ? Cette petite voix intérieure qui murmure que vous ne méritez pas votre place touche près de 70% de la population à un moment de leur vie. Bienvenue dans l'univers du syndrome de l'imposteur.
Comprendre le phénomène de l'imposteur
Un sentiment persistant de fraude intellectuelle
Le syndrome de l'imposteur se manifeste par un sentiment persistant de fraude intellectuelle. Les personnes qui en souffrent attribuent leurs succès à la chance, au timing ou à la capacité de tromper les autres, plutôt qu'à leurs propres mérites. Malgré des preuves objectives de compétence, elles vivent dans la peur constante d'être "démasquées".
Ce phénomène psychologique, identifié en 1978 par les psychologues Pauline Clance et Suzanne Imes, ne constitue pas une pathologie mentale reconnue, mais plutôt un schéma de pensée dysfonctionnel qui peut sérieusement affecter la qualité de vie.
Les manifestations courantes
Les signes du syndrome de l'imposteur incluent la minimisation systématique de ses réalisations, l'auto-sabotage, le perfectionnisme excessif, et la difficulté à accepter les compliments. Ces personnes surinvestissent souvent leur travail pour compenser ce qu'elles perçoivent comme un manque de légitimité.
C'est quoi le syndrome de l'imposteur d'un point de vue transgénérationnel ?
L'approche transgénérationnelle offre un éclairage fascinant sur les origines du syndrome de l'imposteur. Nos comportements et croyances ne naissent pas dans le vide : ils s'inscrivent dans une histoire familiale qui traverse les générations.
Les héritages familiaux invisibles
Le transgénérationnel étudie comment les traumatismes, secrets et schémas relationnels se transmettent à travers les lignées familiales. Une grand-mère qui a vécu l'humiliation sociale, un grand-père dont les ambitions ont été brisées, peuvent léguer inconsciemment des croyances limitantes à leurs descendants.
Ces "loyautés invisibles" nous poussent parfois à reproduire des schémas d'auto-dévalorisation sans même comprendre pourquoi. Un parent qui n'a jamais osé briller par peur du rejet peut transmettre cette même inhibition à son enfant, créant un terreau fertile pour le syndrome de l'imposteur.
Les injonctions paradoxales familiales
Certaines familles véhiculent des messages contradictoires : "Réussis, mais ne nous dépasse pas" ou "Sois excellent, mais reste humble jusqu'à l'effacement". Ces doubles contraintes transgénérationnelles créent une culpabilité profonde face au succès. La personne se sent alors illégitime dans sa réussite, comme si elle trahissait une règle familiale non dite.
Les facteurs déclencheurs contemporains
Une société défaillante
Au-delà des causes transgénérationnelles, notre société amplifie ce syndrome. La culture de la performance, les réseaux sociaux présentant des vies idéalisées, et l'instabilité professionnelle nourrissent le doute de soi. Les transitions de carrière, promotions ou nouveaux environnements deviennent des moments à risque.
Qui est concerné ?
Contrairement aux idées reçues, le syndrome de l'imposteur ne touche pas uniquement les femmes. Bien que plus fréquent chez elles en raison de stéréotypes de genre persistants, il affecte aussi les hommes, particulièrement dans les milieux compétitifs. Les personnes à haut potentiel, les minorités dans leur domaine, et ceux issus de milieux modestes y sont particulièrement vulnérables.
Sortir du piège de l'imposture
Reconnaître le syndrome constitue la première étape de la libération. Identifier les schémas transgénérationnels par une exploration de l'histoire familiale peut révéler des clés essentielles. Une thérapie, notamment les approches transgénérationnelles comme la psychogénéalogie, permet de déconstruire ces héritages limitants.
Cultiver l'auto-compassion, tenir un journal des réussites, et s'entourer de personnes bienveillantes aide à reconstruire progressivement une estime de soi authentique. Accepter l'imperfection et reconnaître que le doute fait partie du processus d'apprentissage transforme la relation à soi-même.
Le chemin vers la légitimité intérieure demande du temps et de la patience, mais il offre la promesse d'une vie professionnelle et personnelle enfin alignée avec sa vraie valeur.

Commentaires