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Comment savoir si l'on a fait son deuil ?

  • Photo du rédacteur: Cedric Aupetit
    Cedric Aupetit
  • 12 mars 2025
  • 3 min de lecture

Comment savoir si l'on a fait son deuil ?
Comment savoir si l'on a fait son deuil ?

Le deuil est un processus profondément personnel qui suit la perte d'un être cher. Mais comment déterminer si ce chemin difficile touche à sa fin ? Nombreux sont ceux qui se demandent s'ils ont réellement achevé leur travail de deuil ou s'ils en sont encore prisonniers.


Les signes révélateurs d'un deuil accompli


Plusieurs indicateurs permettent de reconnaître qu'un deuil a été traversé de manière saine. Le premier signe tangible est la capacité à évoquer la personne disparue sans être submergé par une vague émotionnelle incontrôlable. Les larmes peuvent encore surgir, mais elles ne paralysent plus le quotidien.

Un autre marqueur essentiel réside dans la reconstruction d'un quotidien stable. Lorsque vous parvenez à reprendre vos activités, à maintenir vos relations sociales et à envisager l'avenir avec une certaine sérénité, cela témoigne d'une intégration progressive de la perte. L'absence ne disparaît jamais complètement, mais elle cesse d'occuper tout l'espace mental.

La capacité à ressentir de nouveau de la joie constitue également un repère fondamental. Pouvoir rire sans culpabilité, apprécier un moment agréable ou se projeter dans des projets personnels indique que la vie a repris ses droits, même transformée par l'épreuve traversée.


Comment savoir si l'on a fait son deuil ? Les étapes à observer.


Le processus de deuil suit généralement plusieurs phases identifiées par les psychologues. Le déni initial laisse place à la colère, puis à la négociation, avant de plonger dans une période de tristesse profonde. L'acceptation représente l'étape finale, celle où la réalité de la perte est pleinement intégrée.

Toutefois, ce cheminement n'est jamais linéaire. Des retours en arrière sont normaux et ne signifient pas un échec. L'important est d'observer une tendance générale vers l'apaisement, même si des journées difficiles persistent. Un deuil "fait" ne signifie pas l'oubli, mais plutôt la capacité à vivre avec l'absence.


La dimension transgénérationnelle du deuil


Les transmissions familiales jouent parfois un rôle insoupçonné dans notre rapport au deuil. Les deuils non résolus de nos ancêtres peuvent créer des loyautés invisibles qui compliquent notre propre processus. Une famille où les émotions liées à la mort ont été systématiquement réprimées transmettra inconsciemment ce schéma aux générations suivantes.

Ces héritages transgénérationnels se manifestent par des difficultés récurrentes à faire son deuil, des symptômes inexpliqués ou une anxiété démesurée face à la perte. Explorer son histoire familiale peut révéler des secrets, des morts non honorées ou des traumatismes non digérés qui influencent notre propre parcours.

Travailler sur ces dimensions transgénérationnelles, notamment par la thérapie ou la psychogénéalogie, permet parfois de débloquer un processus de deuil qui semblait stagner. Comprendre que certaines réactions appartiennent à un héritage familial aide à s'en libérer.


Les obstacles qui prolongent le deuil


Certains facteurs peuvent entraver le cheminement naturel du deuil. La culpabilité excessive, les regrets envahissants ou les non-dits avec le défunt créent des nœuds émotionnels difficiles à défaire. De même, l'isolement social ou le refus d'exprimer ses émotions prolongent inutilement la souffrance.

Un deuil pathologique se caractérise par une incapacité persistante à fonctionner normalement plusieurs années après la perte. Dans ce cas, un accompagnement professionnel devient indispensable pour sortir de cette impasse émotionnelle.


Vers une vie transformée


Faire son deuil ne signifie pas tourner la page comme si rien ne s'était passé. Il s'agit plutôt d'intégrer cette expérience dans son histoire personnelle, d'en faire une partie de soi qui n'empêche plus d'avancer. La cicatrice demeure, mais elle ne saigne plus.

Savoir reconnaître les signes d'un deuil accompli permet de se libérer de l'angoisse de "ne jamais s'en remettre" et d'accueillir avec bienveillance cette nouvelle version de soi, façonnée par l'épreuve et la résilience.

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