Comment se déclare le burn out ? Reconnaître les signes avant qu'il ne soit trop tard
- Cedric Aupetit

- 30 juin 2025
- 3 min de lecture

Le burn out, ou syndrome d'épuisement professionnel, ne surgit pas du jour au lendemain. Cette pathologie insidieuse s'installe progressivement, par étapes, jusqu'à l'effondrement total. Comprendre comment se déclare le burn out permet d'agir avant d'atteindre le point de non-retour.
Les trois phases d'installation du burn out
Phase 1 : L'alarme et la suractivation
La première phase est paradoxale : la personne se sent hyperactive, indispensable, portée par une énergie débordante. Elle multiplie les heures de travail, néglige ses besoins fondamentaux (sommeil, alimentation, relations sociales) et puise dans ses réserves physiques et psychiques.
Les premiers signaux d'alerte apparaissent : fatigue persistante, troubles du sommeil, irritabilité croissante, difficulté à déconnecter du travail. Pourtant, la personne nie ces symptômes, les attribuant à une période passagère de surcharge.
Phase 2 : La résistance et l'épuisement progressif
Durant cette phase, l'organisme tente de s'adapter à la pression constante. Les symptômes s'intensifient : maux de tête récurrents, problèmes digestifs, tensions musculaires, infections à répétition traduisant un système immunitaire affaibli.
Sur le plan émotionnel, le cynisme s'installe, la motivation s'effrite, le sentiment d'efficacité personnelle diminue. La personne commence à douter de ses compétences, à se dévaloriser, tout en continuant à s'investir excessivement pour "prouver" sa valeur.
Phase 3 : L'effondrement et le burn out déclaré
C'est la rupture brutale. La personne ne peut littéralement plus se lever, plus penser, plus fonctionner. L'épuisement est total : physique, émotionnel, cognitif. Les symptômes sont massifs : impossibilité de travailler, crises d'angoisse, pleurs incontrôlables, sentiment de vide abyssal, pensées suicidaires parfois.
Les symptômes concrets du burn out déclaré
Sur le plan physique : fatigue extrême non soulagée par le repos, douleurs chroniques, problèmes cardiaques, troubles digestifs sévères, perte ou prise de poids importante.
Sur le plan émotionnel : anxiété généralisée, crises de panique, sentiment de désespoir, détachement émotionnel, perte de sens.
Sur le plan cognitif : difficultés de concentration, troubles de la mémoire, incapacité à prendre des décisions, pensées confuses.
Sur le plan comportemental : isolement social, addictions (alcool, médicaments), comportements à risque, absentéisme ou au contraire présentéisme maladif.
Les racines transgénérationnelles du burn out
Au-delà des facteurs organisationnels évidents (charge de travail excessive, manque de reconnaissance, valeurs contradictoires), il est essentiel d'explorer les dimensions transgénérationnelles qui peuvent prédisposer au burn out.
Les loyautés familiales invisibles
Certaines personnes portent inconsciemment des injonctions familiales transmises de génération en génération : "il faut toujours en faire plus", "le repos est une faiblesse", "on ne se plaint jamais", "le travail avant tout". Ces messages intériorisés créent un terreau fertile pour l'épuisement.
Une analyse psychogénéalogique révèle souvent des ancêtres qui ont survécu par le travail acharné (migrations, guerres, pauvreté), transmettant à leurs descendants une incapacité à ralentir, à écouter leurs limites, comme si s'arrêter signifiait mourir symboliquement.
L'héritage transgénérationnel de l'angoisse
Les causes transgénérationnelles de l'angoisse jouent également un rôle majeur dans le burn out. Une personne peut porter l'angoisse non métabolisée de ses aïeux : traumatismes de guerre, deuils non faits, secrets de famille, violences subies.
Cette angoisse héritée crée un sentiment d'insécurité permanent, une hypervigilance constante qui pousse à la surperformance comme tentative de contrôle. Le travail devient alors un refuge, une manière de fuir l'angoisse intérieure, jusqu'à l'épuisement total.
Le mythe familial de la toute-puissance
Certaines familles transmettent le mythe qu'il faut être parfait, irréprochable, toujours performant pour être aimé et reconnu. L'enfant intériorise qu'il n'existe que par ce qu'il produit, non par ce qu'il est. Adulte, il reproduit ce schéma dans le travail, ne sachant pas s'accorder de valeur intrinsèque.
Prévenir et reconnaître avant l'effondrement
La prévention du burn out passe par une vigilance aux signaux faibles : quand la fatigue persiste, quand le plaisir disparaît, quand l'irritabilité domine, il est temps d'agir.
Un travail thérapeutique, notamment en psychogénéalogie ou en psychanalyse, permet d'explorer ces héritages invisibles, de comprendre comment se déclare le burn out dans notre histoire personnelle et familiale, et de se libérer des loyautés qui nous épuisent.
Reconnaître les causes transgénérationnelles de l'angoisse et du besoin de surperformance est un premier pas vers la guérison et la prévention de futures rechutes.
Le burn out n'est jamais seulement une question d'organisation du travail : c'est aussi une histoire familiale à démêler.

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