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Comment se sent une personne en burn out ?

  • Photo du rédacteur: Cedric Aupetit
    Cedric Aupetit
  • 31 juil. 2025
  • 3 min de lecture

Comment se sent une personne en burn out ?
Comment se sent une personne en burn out ?

Le burn-out, ou syndrome d'épuisement professionnel, touche de plus en plus de personnes dans notre société moderne. Mais au-delà des statistiques, comment se sent réellement une personne en burn out ? Quelles sont les manifestations concrètes de cette souffrance qui peut parfois trouver ses racines dans notre histoire familiale ?


Les manifestations du burn-out : quand le corps dit stop


L'épuisement physique et émotionnel

Une personne en burn out se sent d'abord profondément épuisée. Pas simplement fatiguée après une journée de travail, mais vidée de toute énergie vitale. Le réveil devient une épreuve, chaque geste demande un effort surhumain. Cette fatigue ne disparaît ni avec le repos, ni pendant les week-ends ou les vacances. Le corps semble ne plus répondre, comme si toutes les réserves étaient épuisées.

Sur le plan émotionnel, c'est le vide qui domine. La personne se sent désabusée, incapable de ressentir de la joie ou de l'enthousiasme, même pour des activités qui lui plaisaient auparavant. Les émotions sont émoussées, remplacées par une sorte d'anesthésie affective. Certains décrivent cette sensation comme celle d'être un robot, accomplissant mécaniquement les tâches sans plus rien ressentir.


La dévalorisation et la perte de sens

Comment se sent une personne en burn out face à son travail ? Elle développe un sentiment d'incompétence croissant, doutant constamment de ses capacités, persuadée de ne jamais en faire assez. Chaque tâche semble insurmontable, chaque décision devient source d'angoisse. La confiance en soi s'effondre progressivement.

Le travail perd tout son sens. Ce qui motivait auparavant – la passion, l'engagement, le désir de bien faire – s'évanouit. La personne se demande pourquoi elle fait tout cela, ne trouve plus aucune satisfaction dans ses accomplissements professionnels. Cette perte de sens s'accompagne souvent d'un cynisme grandissant envers le travail, les collègues, voire les clients.


Les symptômes physiques alarmants

Le burn-out ne reste jamais purement psychologique. Le corps manifeste sa souffrance à travers de multiples symptômes : maux de tête persistants, tensions musculaires chroniques, troubles digestifs, palpitations cardiaques, vertiges. Le système immunitaire s'affaiblit, rendant la personne vulnérable aux infections à répétition.

Les troubles du sommeil sont quasi systématiques : difficultés d'endormissement malgré l'épuisement, réveils nocturnes anxieux, cauchemars liés au travail, ruminations incessantes qui empêchent tout repos réparateur.


L'angoisse : une dimension centrale du burn-out


L'angoisse constitue l'une des manifestations les plus invalidantes du burn-out. Elle peut se manifester sous forme de crises d'angoisse aiguës – avec sensation d'étouffement, accélération cardiaque, impression de mort imminente – ou d'anxiété diffuse permanente qui empoisonne chaque instant.

Cette angoisse ne se limite pas au contexte professionnel. Elle envahit tous les domaines de la vie : les relations familiales, les moments de loisirs, jusqu'aux actes les plus simples du quotidien. La personne se sent constamment sur le qui-vive, dans l'anticipation anxieuse du pire.


Les racines transgénérationnelles du burn-out


La transmission des schémas familiaux

Si les facteurs organisationnels jouent un rôle majeur dans le burn-out, la psychogénéalogie nous invite à explorer une dimension souvent négligée : celle de nos héritages familiaux. Comment nos ancêtres vivaient-ils le travail ? Quelles injonctions inconscientes avons-nous reçues concernant l'effort, le mérite, le sacrifice de soi ?

Certaines familles transmettent de génération en génération un rapport au travail marqué par le surengagement, la difficulté à dire non, l'impossibilité de se reposer. Ces patterns transgénérationnels peuvent prédisposer au burn-out, créant un terrain favorable à l'épuisement.


Les loyautés invisibles et le poids du devoir

Les loyautés familiales invisibles peuvent également jouer un rôle dans le développement du burn-out. Une personne dont les parents ou grands-parents ont connu la précarité, le chômage ou l'échec professionnel peut inconsciemment se sentir obligée de "réparer" cette histoire en travaillant sans limites, en prouvant constamment sa valeur.

De même, dans certaines lignées, l'angoisse se transmet comme un héritage émotionnel. Un grand-parent ayant vécu la guerre ou l'exil, des parents ayant connu l'insécurité économique : ces traumatismes non élaborés peuvent générer une anxiété transgénérationnelle qui amplifie la vulnérabilité au stress professionnel.


Sortir du burn-out : un chemin possible


Reconnaître comment on se sent en burn-out est déjà un premier pas essentiel. Cette prise de conscience permet d'arrêter de minimiser sa souffrance, de cesser de culpabiliser. Le burn-out n'est pas une faiblesse personnelle mais le résultat d'une organisation du travail pathogène combinée parfois à des vulnérabilités personnelles, dont certaines peuvent être transgénérationnelles.

La guérison passe par un arrêt de travail nécessaire, un accompagnement thérapeutique adapté, et parfois une exploration psychogénéalogique pour comprendre et dénouer les héritages familiaux qui ont pu contribuer au surengagement. Comprendre d'où viennent nos injonctions inconscientes permet de s'en libérer et de construire un rapport plus sain au travail et à soi-même.

Le burn-out, aussi douloureux soit-il, peut devenir une opportunité de transformation profonde, une invitation à se réapproprier sa vie et à rompre avec des patterns familiaux délétères transmis de génération en génération.

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