top of page

Pourquoi fait-on une dépression ? Comprendre les racines multiples d'un mal-être profond

  • Photo du rédacteur: Cedric Aupetit
    Cedric Aupetit
  • 15 déc. 2025
  • 4 min de lecture

Pourquoi fait-on une dépression ? Comprendre les racines multiples d'un mal-être profond
Pourquoi fait-on une dépression ? Comprendre les racines multiples d'un mal-être profond.

La dépression est bien plus qu'une simple "tristesse passagère". C'est une maladie complexe, aux multiples facettes, qui touche des millions de personnes à travers le monde. Mais pourquoi fait-on une dépression ? Les causes sont rarement uniques et résultent souvent d'une interaction subtile entre des facteurs biologiques, psychologiques, environnementaux et, de plus en plus reconnu, transgénérationnels. Plongeons au cœur de ce trouble pour en démêler les origines.


La dépression : une définition qui va au-delà du cliché


Avant d'explorer les "pourquoi", définissons ce qu'est la dépression. Il ne s'agit pas d'un coup de blues ni d'une faiblesse de caractère. La dépression, ou trouble dépressif majeur, est une maladie qui affecte profondément l'humeur, la pensée, le comportement et le fonctionnement physique.


Ses symptômes peuvent inclure :

  • Une humeur dépressive persistante (tristesse, irritabilité, vide).

  • Une perte d'intérêt ou de plaisir pour presque toutes les activités.

  • Des changements d'appétit ou de poids.

  • Des troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie).

  • Une fatigue ou perte d'énergie.

  • Des sentiments d'inutilité ou de culpabilité excessive.

  • Une diminution de la capacité à penser, se concentrer ou prendre des décisions.

  • Des pensées de mort ou de suicide.


Ces symptômes doivent être présents presque tous les jours, pendant au moins deux semaines, et entraîner une souffrance significative ou une altération du fonctionnement social, professionnel ou familial.


Les facteurs biologiques et neurochimiques


Nos cerveaux sont des machines complexes, et un déséquilibre dans leur fonctionnement peut jouer un rôle majeur dans le développement d'une dépression.


  • Neurotransmetteurs : Longtemps, la théorie des monoamines a prévalu, pointant du doigt un déficit en sérotonine, noradrénaline et dopamine. Bien que cette théorie soit aujourd'hui jugée trop simpliste, ces neurotransmetteurs restent des acteurs clés dans la régulation de l'humeur, du sommeil et de l'appétit.

  • Génétique : La science a montré qu'il existe une prédisposition génétique à la dépression. Si un parent proche a souffert de dépression, le risque est plus élevé, bien que la génétique seule ne détermine pas le destin.

  • Structure et fonction cérébrales : Des études en neuro-imagerie ont révélé des différences dans la taille ou l'activité de certaines régions du cerveau chez les personnes dépressives, comme l'hippocampe (mémoire et émotions) ou le cortex préfrontal (régulation émotionnelle et prise de décision).

  • Hormones : Des déséquilibres hormonaux (troubles thyroïdiens, fluctuations hormonales liées au cycle menstruel, à la grossesse, à la ménopause, ou un excès de cortisol lié au stress) peuvent déclencher ou aggraver un épisode dépressif.


Les causes psychologiques et environnementales


Au-delà de la biologie, nos expériences de vie, notre personnalité et notre environnement sont des terrains fertiles pour la dépression.


  • Traumatismes et stress : Des événements de vie majeurs et stressants (deuil, divorce, perte d'emploi, maladie grave, abus) sont des déclencheurs connus. Le stress chronique épuise nos ressources psychologiques et biologiques.

  • Personnalité et schémas de pensée : Certaines personnalités (perfectionnistes, anxieuses, pessimistes) ou certains schémas de pensée (rumination, auto-critique excessive, sentiment d'impuissance apprise) rendent plus vulnérables à la dépression.

  • Isolement social : Le manque de soutien social, la solitude et l'isolement sont des facteurs de risque importants.

  • Problèmes de santé : Les maladies chroniques, les douleurs intenses et les handicaps peuvent engendrer une dépression réactionnelle.


L'ombre des ancêtres : les causes transgénérationnelles de l'angoisse et de la dépression


C'est un domaine de recherche et de thérapie de plus en plus exploré : l'impact des traumatismes et des schémas non résolus de nos ancêtres sur notre propre psychisme. Les causes transgénérationnelles de l'angoisse ou de la dépression suggèrent que des événements non digérés par les générations précédentes peuvent se manifester, de manière inconsciente, chez les descendants.


Comment cela se transmet-il ?

  • Le non-dit et le secret familial : Des événements graves (décès prématurés, guerres, migrations forcées, faillites, maladies mentales cachées, enfants mort-nés, viols) non exprimés créent des "fantômes" dans l'arbre généalogique. Les silences pèsent lourd et peuvent générer une anxiété diffuse, un sentiment de menace ou une tristesse inexpliquée chez les descendants qui "ressentent" le poids de ces secrets sans en connaître l'origine.

  • Les loyautés familiales invisibles : On peut, de manière inconsciente, se sentir loyal envers un ancêtre malheureux, reproduisant des schémas de souffrance ou d'échec par fidélité. Une personne peut par exemple ressentir un sentiment de culpabilité à être heureuse ou réussir, si ses aïeux ont connu la misère ou la tragédie.

  • L'épigénétique : C'est la voie la plus scientifique et fascinante. L'épigénétique étudie comment l'environnement et l'expérience peuvent modifier l'expression de nos gènes sans changer la séquence d'ADN elle-même. Des études sur les descendants de survivants de l'Holocauste ou de la famine ont montré des modifications épigénétiques qui pourraient les rendre plus vulnérables au stress, à l'anxiété et potentiellement à la dépression. Le corps "se souvient" d'une certaine manière des traumatismes des parents ou grands-parents.

  • Les transmissions comportementales : Au-delà des gènes, les comportements, les stratégies d'adaptation (ou de non-adaptation) et les émotions des parents sont observés et intégrés par l'enfant. Si les parents ont eux-mêmes souffert d'anxiété ou de dépression liée à leur histoire familiale, ils peuvent, malgré eux, transmettre des modes de fonctionnement ou des interprétations du monde qui prédisposent l'enfant à des difficultés similaires.


Ainsi, la sensation d'une angoisse diffuse, un mal-être inexpliqué, des deuils impossibles ou des répétitions d'échecs sans cause apparente peuvent trouver une partie de leur explication dans ce qui n'a pas été réglé par les générations précédentes. Il est donc crucial de se demander pourquoi on fait une dépression, sans négliger la possibilité de ses origines transgénérationnelles.


Vers la guérison : un chemin multifactoriel


Comprendre pourquoi on fait une dépression est le premier pas vers la guérison. La prise en charge est souvent multidisciplinaire :

  • Psychothérapie : Essentielle pour explorer les schémas de pensée, les traumatismes passés, les dynamiques familiales et les éventuelles résonances transgénérationnelles.

  • Traitement médicamenteux : Les antidépresseurs peuvent aider à rééquilibrer la chimie du cerveau et à soulager les symptômes les plus lourds, permettant d'engager un travail thérapeutique.

  • Hygiène de vie : Sport, alimentation équilibrée, sommeil suffisant, gestion du stress et activités plaisantes sont des piliers fondamentaux.


La dépression n'est pas une fatalité. En identifiant les causes qui nous affectent le plus (qu'elles soient biologiques, psychologiques, environnementales ou ancestrales), il est possible de retrouver le chemin vers un bien-être durable.

N'hésitez jamais à demander de l'aide à un professionnel de la santé.

Commentaires


bottom of page