Comment savoir si l'on fait une dépression ? Comprendre les signaux et les racines profondes
- Cedric Aupetit

- 20 févr. 2025
- 4 min de lecture

La dépression n'est pas une simple "passade" ou un coup de blues passager. C'est une maladie sérieuse qui affecte des millions de personnes et qui peut profondément altérer la qualité de vie. Mais comment savoir si l'on fait une dépression ou si l'on traverse simplement une période difficile ? Distinguer ces nuances est crucial pour chercher l'aide appropriée.
Les signes qui ne trompent pas : au-delà de la tristesse.
Bien que la tristesse soit un symptôme central, la dépression se manifeste par un ensemble de signaux qui persistent dans le temps (généralement plus de deux semaines) et impactent plusieurs sphères de votre vie.
Tristesse profonde et persistante : Ce n'est pas une simple mélancolie, mais un sentiment d'abattement constant, une douleur morale qui ne s'estompe pas, même face à des événements positifs.
Perte d'intérêt et de plaisir (anhédonie) : Les activités qui vous apportaient joie et satisfaction auparavant (hobbies, sorties, interactions sociales) deviennent fades, voire insupportables. Le monde perd ses couleurs.
Fatigue intense et manque d'énergie : Une sensation d'épuisement constant, même après une nuit de sommeil. Chaque tâche, même la plus simple, demande un effort colossal.
Troubles du sommeil : Ils peuvent prendre plusieurs formes : insomnies (difficulté à s'endormir, réveils nocturnes précoces) ou, à l'inverse, hypersomnie (besoin excessif de dormir, sans pour autant se sentir reposé).
Modifications de l'appétit et du poids : Une perte ou une prise de poids significative et involontaire peut accompagner la dépression. L'alimentation devient une corvée ou, au contraire, une tentative de combler un vide.
Sentiments d'inutilité ou de culpabilité excessive : Une estime de soi en berne, le sentiment d'être un fardeau pour les autres, de ne rien valoir, ou de se sentir coupable sans raison valable.
Difficultés de concentration et de prise de décision : La pensée devient lente, la mémoire moins performante. Il devient difficile de se concentrer sur une tâche, de lire un livre ou de prendre des décisions, même mineures.
Agitation ou ralentissement psychomoteur : Certains peuvent ressentir une agitation constante, une impossibilité à rester en place, tandis que d'autres sont comme figés, leurs mouvements et leur parole étant ralentis.
Idées suicidaires : C'est le symptôme le plus grave et le plus alarmant. La dépression peut entraîner des pensées d'autodestruction. Si vous ou l'un de vos proches en avez, il est impératif de chercher de l'aide immédiatement (voir plus bas).
Ces symptômes doivent être pris au sérieux. Si vous vous reconnaissez dans plusieurs de ces points et que cela dure, il est essentiel de ne pas rester seul.
Les racines profondes de l'angoisse : le poids du transgénérationnel
Au-delà des facteurs individuels (stress, événements de vie traumatisants, vulnérabilité biologique), il est crucial de considérer l'impact du transgénérationnel dans l'apparition et l'ancrage de certaines formes de dépression et d'angoisse. Les secrets de famille, les deuils non faits, les traumatismes tus, ou encore les schémas de pensée et de comportement appris inconsciemment, peuvent se transmettre d'une génération à l'autre, laissant une empreinte parfois lourde.
Comment les causes transgénérationnelles peuvent-elles influencer l'angoisse et la dépression ?
Traumatismes non résolus : Un grand-parent ayant vécu une guerre, une famine ou un événement traumatique peut transmettre, de manière inconsciente, un sentiment d'insécurité ou une tendance à l'anxiété à ses descendants. Le récit tu ou fragmenté de ces événements peut créer un vide ou une confusion, un "fantôme" qui hante les générations suivantes.
Loyautés familiales invisibles : On peut se sentir "fidèle" à la souffrance d'un aïeul, reproduisant inconsciemment des schémas d'échec, de tristesse ou d'isolement, comme si on ne s'autorisait pas à être "plus heureux" que ceux qui nous ont précédés et ont souffert.
Secrets de famille : Les non-dits, les histoires cachées (parenté illégitime, adoption tue, suicide, maladies mentales non reconnues) peuvent générer une confusion identitaire, un sentiment de ne pas être "à sa place" ou une anxiété diffuse sans cause apparente pour l'individu.
Modes de communication et émotions : La manière dont les émotions sont exprimées (ou non) dans une famille peut être apprise et reproduite. Une famille où la tristesse est taboue peut rendre difficile pour ses membres d'identifier et d'exprimer leurs propres états dépressifs, renforçant le sentiment d'isolement.
Comprendre ces dynamiques ne remplace pas une aide professionnelle, mais peut offrir une perspective éclairante sur des souffrances qui semblent parfois sans explication rationnelle.
Quand chercher de l'aide et comment savoir si l'on fait une dépression ?
Si vous vous reconnaissez dans ces symptômes, il est impératif de consulter un professionnel de la santé. Il peut s'agir de votre médecin généraliste, d'un psychologue ou d'un psychiatre. Ils pourront évaluer la situation, poser un diagnostic précis et vous orienter vers le traitement adapté.
N'attendez pas que la situation s'aggrave. La dépression se soigne, et plus elle est prise en charge tôt, meilleures sont les chances de rétablissement.
Médecin généraliste : Il est souvent le premier interlocuteur. Il peut vous aider à faire un premier bilan et vous orienter vers des spécialistes.
Psychologue : Spécialiste de l'écoute et du soutien psychologique, il utilise des thérapies (cognitivo-comportementale, systémique, psychanalytique) pour aider à comprendre et surmonter la dépression.
Psychiatre : Médecin spécialiste de la santé mentale, il est habilité à poser un diagnostic, prescrire des médicaments (antidépresseurs si nécessaire) et proposer une psychothérapie.
Psychanalyste : Il saura vous écouter et vous accompagner dans l'expression des émotions bloquée ou refoulées dont votre dépression peut témoigner.
Que faire en cas d'idées suicidaires ?
Si vous avez des idées noires ou des pensées suicidaires, il faut agir immédiatement :
Parlez-en à quelqu'un en qui vous avez confiance : Un ami, un membre de votre famille.
Appelez un numéro d'aide : Par exemple, le 3114 en France (numéro national de prévention du suicide) ou des services d'écoute disponibles dans votre pays.
Rendez-vous aux urgences si vous sentez que vous êtes en danger immédiat.
La dépression est une maladie complexe qui peut avoir des causes multiples, y compris des héritages émotionnels. Apprendre à comment savoir si l'on fait une dépression est le premier pas vers le rétablissement. Ne sous-estimez jamais l'importance de votre santé mentale et n'hésitez pas à tendre la main. Vous n'êtes pas seul(e).

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