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Faire son deuil : définition et processus de reconstruction

  • Photo du rédacteur: Cedric Aupetit
    Cedric Aupetit
  • 22 févr. 2025
  • 2 min de lecture

Faire son deuil : définition et processus de reconstruction
Faire son deuil : définition et processus de reconstruction

Le deuil est une expérience universelle que chacun traverse à un moment de sa vie. Pourtant, comprendre ce que signifie réellement faire son deuil reste essentiel pour traverser cette épreuve avec bienveillance envers soi-même.


Faire son deuil : définition et processus psychologique


Faire son deuil, c'est bien plus qu'accepter une perte. Il s'agit d'un processus psychologique complexe permettant de réorganiser sa vie après la disparition d'un être cher, la fin d'une relation ou la perte d'une situation importante. Ce cheminement intérieur implique d'accepter progressivement l'absence, d'exprimer ses émotions et de réinvestir son énergie dans la vie présente.

Le psychiatre Elisabeth Kübler-Ross a identifié cinq phases du deuil : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l'acceptation. Ces étapes ne sont pas linéaires et varient selon chaque individu. Certaines personnes oscillent entre différentes phases, tandis que d'autres traversent le processus de manière unique.


Les dimensions transgénérationnelles du deuil


Le deuil possède également une dimension transgénérationnelle souvent méconnue. Les traumatismes non résolus et les deuils non faits se transmettent parfois de génération en génération, créant ce que les psychogénéalogistes appellent des "fantômes familiaux".

Lorsqu'un ancêtre n'a pas pu faire son deuil dans des conditions appropriées - guerre, mort brutale, secret familial - cette charge émotionnelle peut peser sur les descendants. Les enfants et petits-enfants peuvent ainsi porter inconsciemment des deuils qui ne leur appartiennent pas, développant des symptômes anxieux, dépressifs ou des blocages inexpliqués.

Cette transmission s'opère par des mécanismes subtils : silences familiaux, dates anniversaires troublantes, répétitions de scénarios. Identifier ces héritages transgénérationnels permet de se libérer de loyautés invisibles et de vivre son propre chemin de deuil.


Les étapes concrètes pour traverser le deuil


  • Reconnaître et accueillir ses émotions constitue la première étape. Pleurer, ressentir de la tristesse, de la colère ou même du soulagement sont des réactions normales. Réprimer ces émotions ne fait que prolonger la souffrance.

  • S'autoriser du temps représente également un facteur crucial. Notre société pressée impose souvent des délais irréalistes. Un deuil peut nécessiter plusieurs mois, voire plusieurs années selon la nature de la perte et l'attachement à la personne disparue.

  • Ritualiser la séparation aide considérablement. Cérémonies, lettres d'adieu, albums photo ou visites au cimetière offrent des supports concrets pour dire au revoir et maintenir un lien symbolique avec le défunt.


Quand chercher de l'aide professionnelle ?


Certains signes indiquent qu'un accompagnement devient nécessaire : deuil bloqué après plusieurs années, symptômes dépressifs persistants, idées suicidaires, addictions ou incapacité à reprendre une vie normale.

Les psychologues, psychothérapeutes, psychanalystes et groupes de parole proposent des espaces sécurisés pour explorer sa peine. La thérapie EMDR s'avère particulièrement efficace pour les deuils traumatiques, tandis que la psychogénéalogie permet d'explorer les dimensions transgénérationnelles.


Conclusion : vers une reconstruction possible


Faire son deuil ne signifie pas oublier l'être disparu, mais apprendre à vivre autrement avec son absence. C'est transformer le lien, passer de la présence physique à une présence intérieure apaisée. Ce processus, unique pour chacun, ouvre progressivement vers une nouvelle forme d'existence où la vie reprend ses droits sans trahir la mémoire de ceux que nous avons aimés.

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