Quelle est la durée d'un deuil ?
- Cedric Aupetit

- 11 nov. 2024
- 2 min de lecture

Le deuil représente une épreuve universelle que chacun traverse à sa manière. Face à la perte d'un être cher, une question revient invariablement : combien de temps va durer cette souffrance ? La réponse est loin d'être simple, car le processus de deuil varie considérablement d'une personne à l'autre.
Le deuil : un processus individuel sans chronologie fixe
Contrairement aux idées reçues, il n'existe pas de durée standard pour faire son deuil. La psychiatre Elisabeth Kübler-Ross a identifié cinq étapes du deuil (déni, colère, marchandage, dépression, acceptation), mais ces phases ne suivent pas nécessairement un ordre linéaire ni une temporalité précise.
Certaines personnes retrouvent un équilibre après quelques mois, tandis que d'autres auront besoin de plusieurs années. Les facteurs influençant cette durée sont multiples : la nature du lien avec le défunt, les circonstances du décès, le soutien social disponible, ou encore les ressources psychologiques personnelles.
Les professionnels du deuil s'accordent généralement sur une période de 12 à 24 mois pour les manifestations les plus intenses, mais cela reste une moyenne très théorique. L'important n'est pas la vitesse à laquelle on "guérit", mais la qualité du cheminement intérieur.
Quelle est la durée d'un deuil compliqué ou pathologique ?
Au-delà du deuil normal, certaines personnes développent ce qu'on appelle un deuil compliqué ou pathologique. Ce type de deuil se caractérise par une intensité émotionnelle qui ne diminue pas avec le temps, généralement au-delà de 12 à 18 mois.
Les signes d'alerte incluent une difficulté persistante à accepter la mort, une amertume intense, un sentiment d'inutilité de la vie, ou une incapacité à retrouver un sens à son existence. Dans ces cas, un accompagnement thérapeutique devient indispensable pour éviter que le deuil ne s'installe durablement et n'affecte gravement la santé mentale.
L'influence transgénérationnelle sur le processus de deuil
La dimension transgénérationnelle du deuil mérite une attention particulière. Les non-dits familiaux, les deuils non faits des générations précédentes, peuvent influencer profondément notre propre capacité à traverser cette épreuve.
Certaines familles transmettent inconsciemment des interdictions implicites autour de l'expression de la tristesse ou de la vulnérabilité. Un grand-parent ayant vécu une perte traumatique sans pouvoir en faire le deuil peut transmettre à ses descendants une difficulté à gérer la séparation et la mort.
La psychogénéalogie nous enseigne que des deuils non résolus peuvent se répéter de génération en génération, créant des schémas familiaux où la souffrance se perpétue. Prendre conscience de ces héritages invisibles permet parfois de dénouer des blocages et d'avancer plus sereinement dans son propre processus de guérison.
Respecter son propre rythme
Plutôt que de se fixer une deadline arbitraire, l'essentiel est d'accueillir ses émotions sans jugement. Le deuil n'est pas une maladie dont il faut guérir au plus vite, mais une transformation profonde qui demande du temps et de la bienveillance envers soi-même.
S'entourer de personnes compréhensives, consulter un professionnel si nécessaire, et accepter que certains jours soient plus difficiles que d'autres : voilà les clés d'un deuil qui se vit sainement, quelle que soit sa durée.

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